Donnery        

Introduction :

Ce chapître du site Theudericus a pour objet la petite ville de Donnery. Dans les paragraphes suivants, l'histoire de Donnery sera abordée du point de vue de l'histoire traditionnelle et classique, mais également sur le plan de l'histoire mythique et ésotérique chère à des auteurs renommés tels notre maitre Gérard de Sède, mais aussi Jacques Bergier, Maurice Guinguand ou Louis Charpentier.

Petite ville du Loiret dans la région du Centre, Donnery fait partie de nos jours du canton de Chécy. Située à 112 mètres d'altitude, Donnery est voisine des communes de Saint-Denis-de-l-Hôtel, de Fay-aux-Loges, de Mardié-Pont-aux-Moines et de Trainou.

Donnery est située entre la Loire et le canal d'Orléans, à égale distance entre Orléans et Châteauneuf-sur-Loire. Donnery s'est développée au nord de la Loire à quatre kilomètres de la ville de Jargeau.

Cette commune, qui possède une superficie de 21,8 km², compte en 2009, 2 347 habitants (appelés les Donnerysiens)

Donnery est également le nom d'un cépage méconnu qui est employé dans l'élevage des vins de l'appelation Cour-Cheverny


Situation de Donnery.

Donnery.


Située dans le val de Loire, mais limitrophe de la Forêt D'Orléans (Plus vaste forêt domaniale de France), les principales ressources de Donnery se partageaient autrefois entre la culture de la Vigne et l' exploitation de la Forêt (Cf : Les Grands Billons).

Donnery est également située à une vingtaine de kilomètres au nord de la Sologne, vaste région naturelle et préservée se partageant entre l'Orléanais, le Blaisois et le Berry.

En 1692, l'ouverture du canal d'Orléans permit le développement du commerce de tous les villages situés sur celui-ci. Donnery profita de l'ouverture de cette voie d'eau, le canal permettant de transporter les Vins et les Bois de Donnery vers la Loire, et vers la seine par le Loing.

Historiquement, la Seigneurie de Donnery, liée à celle d'Allone, relevait du Duché d'Orléans.. A ce titre cette seigneurie présente de nombreux châteaux sur son territoire et dans les environs.

Aujourd'hui, Donnery fait partie du "Pays" appelé "Forêt d'Orléans - Val de Loire" , mais également de la Communauté des Communes des Loges.

Le pays de Donnery.

Le pays de Donnery.


Histoire de Donnery :

Antiquité :

Compte-tenu des nombreuses découvertes de haches en pierre taillée et polie, très tôt de nombreux historiens ont affirmé que la région de Donnery a été occupée depuis les temps paléolithiques et néolithiques.

Les premières traces d'occupation humaine de l'actuel Loiret remontent au paléolithique inférieur. En Europe de l'Ouest, le paléolithique inférieur concerne une phase de plus de 500 000 ans (environ de 800 000 à 300 000 avant notre ère) inscrite dans la première partie du Pléistocène moyen et caractérisée par l'établissement progressif des hominidés dans le nord à partir du Bassin méditerranéen.

Les successions de périodes glaciaires et tempérées modifient alors profondément les paysages et rendent cette implantation de l'homme plus ou moins définitive suivant les régions.

Dans le val de Loire, des bifaces de type acheuléen ont été trouvés en abondance sur les plateaux de Briare et Gien et sur les sablières de Châteauneuf-sur-Loire, de Saint-Denis-de-l'Hôtel et de Donnery.

Plus sporadiquement, d'autres spécimens ont été trouvés dans les communes de Nevoy, Ouzouer-sur-Loire, Bray-en-Val, Saint-Aignan-des-Gués, Saint-Martin-d'Abbat, Germigny-des-Prés, Mardié, Chécy, Orléans.

Biface découvert à Donnery.

Biface découvert à Donnery.




A la limite nord de la commune de Mardié, limitrophe de Donnery eut lieu à la fin du XIXème siècle, une importante découverte archéologique sur le site appelé "la Butte Moreau" ou "Tumulus de Reuilly" : En 1885, Messieurs Boucher de Molandon (1805-1893) et Aldabert de Beaucorps ont exploité une tombe antique, certainement celle d'un personnage important compte tenu du mobilier funéraire déposé dans celle-ci.

Le Tumulus de Reuilly.

Le Tumulus de Reuilly.


D'après la nature des ossements il s'agirait de la sépulture d'une femme encore jeune, datant de l'époque dite de Halstatt, soit environ 500 ans avant J.C.

Sur ce site, furent en particulier trouvés : Une ciste à cordons de bronze (sorte de petit seau cylindrique), aujourd'hui déposée au musée de St Germain-en-Laye, des débris de tissus, un fragment de javelot en fer, et trois torques (ou colliers) à boules, dont deux complets.

D'après ces restes, le professeur Corot a rapproché cette tombe de la civilisation Italo-Etrusque de l'âge de Fer (Période II de Halstatt).

Le ciste de bronze du Tumulus de Reuilly.

La ciste de bronze du Tumulus de Reuilly.


Dans la commune de Latingy, proche du territoire de Donnery furent également trouvés une exceptionnelle hache et des bracelets en bronze de facture celtique.

Dans les derniers siècles avant l'ère Chrétienne, Donnery faisait partie du territoire de la tribu Celte des Carnutes. Ce territoire s'étendait des rives de la Seine à celles de la Loire et abritait deux grandes cités : Cenabum (Orléans) et Autricum (Chartres).

De nombreux auteurs situent le coeur spirituel du monde Gaulois dans la Forêt des Carnutes. Ce coeur de la Gaule aurait été situé dans la région de Saint-Benoit-sur-Loire située à l'Est de Donnery.

D'après César, cette forêt était le centre géographique de la Gaule et le siège du culte druidique. C'est là, quelque part dans l'antique forêt profonde, que les druides de toute la Gaule Chevelue tenaient un conseil annuel.

Carnutorix - Chêne Sacré de la Forêt des Carnutes.

Carnutorix - Le Chêne Sacré de la Forêt des Carnutes.

Les auteurs Latins situent les lieux de l'assemblée des Gaules in finibus Carnutum.. L'écrivain ésotérique Louis Charpentier, dans son ouvrage "Les Géants et le Mystère des Origines" place ce lieu dans un territoire "tabou" situé aux confins des sphères d'influence de quatre grands peuples Gaulois : Les Carnutes, les Bituriges, les Senones et les Eduens. La région de Donnery et de saint-Benoît-sur-Loire correspond tout à fait aux critères géographiques de ce lieu.

La Forêt d'Orléans, avec ses trente cinq mille hectares, est la plus vaste forêt domaniale de France. Située entièrement dans le Loiret, elle constitue un vestige unique de cette immense et mythique Forêt des Carnutes.

Le nom de Donnery serait d'origine Celte et signifierait "le centre sacré des Rois" : Dun (Centre sacré, tertre) et Rix (Roi ou Chef). Donnery serait donc un "locus consecratus" Celte. Ce lieu sacré Royal, situé également au coeur de la Forêt des Carnutes était très certainement le pendant de l'Omphalos spiriuel Druidique de Saint-Benoît-sur-Loire.

Selon la vision tri-partite Indo-Europénne, développée par le philologue Georges Dumézil, le lieu de Saint-Benoît-sur-Loire était dédié à la première caste des prêtres (Druides), tandis que le site de Donnery était consacré à la seconde caste, celle des guerriers.

Un lieu-dit de Donnery se nomme Montréal. Ce vocable moyen-ageux signifiant "Tertre-Royal", traduction en vieux Français de "Dun-Rix" confirme l'étymologie de ce nom.

Chef Gaulois.

Chef Gaulois.

Il est intéressant de noter que de nombreux lieux dans les environs de Donnery font référence aux Chênes. Dans une étude générale sur l'origine des noms de lieux du Loiret, Jacques Soyer, trouve par exemple l'origine du nom "Jargeau" dans Garrigoïalum, de Garrig signifiant le chêne. Il confirme son analyse en donnant pour Darvoy, le village voisin à l'ouest de Jargeau, l'étymologie celtique Der de Dervos (chêne) ou Dervetum (chênaie). .

En 52 avant JC, la révolte Gauloise menée par Cotuatus et Conconnetodumnus, commenca par le massacre de notables Romains dans Cenabum. Cette révolte enflammera la Gaule entière et conduira à la défaite d'Alésia et la Romanisation de notre pays.

De nombreux auteurs considèrent que ce soulévement originel, fut décidé dans les deux lieux sacrés situés à l'est de Cenabum.

Le territoire des Carnutes

Le territoire des Carnutes.


Donnery est situé sur la route de Bourgogne qui part d'Orléans. Cette route relie Orléans à Auxerre et Nevers. C'était l'antique voie Romaine qui reliait Cenabum (Orléans) à Augustodunum (Autun), mais également Autricum (Auxerre) et Noviodunum (Nevers).

Certains historiens mentionnent également qu'une voie Romaine reliant Cenabum (Orléans) à Agedincum (Sens) passait par Donnery pour rejoindre Vellanodunum (Montargis). C'est cette route que Jules César aurait emprunté pour attaquer Cenabum après le soulévement Gaulois. Deux jours auraient suffit aux légions de césar pour rejoindre Vellanodunum à Cenabum distant de soixante-dix kilomètres environ.

La voie Romaine reliant Cenabum à Augustodunum.

La voie Romaine reliant Cenabum à Augustodunum.


Dans les premiers siècles de notre ère, le nom de Dunrix, Dunric, se transforme en Dioneriacum, nouveau vocable signifiant "Domaine de Dionys ou de Denys".

Plkus tard, dans les Cartulaires de Sainte-Croix-d-Orléans, la paroisse de Donnery est appelée Donisiacum, Donesiacum, Dornesiacum voire même Dornisi

Ce nom correspond peut-être à un riche Gallo-Romain ayant possédé une villa sur les terres de Donnery. Une autre explication relie ce vocable au nom du dieu Dionysos qui aux premiers siècles de notre ère était vénéré au travers de Culte Mystères.

Les cultes à Mystères se différenciaient des cultes officiels Romains par le fait que les participants subissaient des initiations successives, progressant dans la connaissance illuminée de la divinité. Ces adorants progressaient dans des grades traduisant leur niveau d'initiation.

Ces cultes très florissant dans les premiers siècles de l'ère Chrétienne, apportaient, grâce à une interprétation Gnostique, un espoir pour l'après-vie.

Le culte Dyonisiaque privé avait lieu entre initiés qui se rassemblaient en un groupe secret qui portait le nom de Thiase. Les Thiases pratiquaient ce culte caché et initiatique, de nuit, et très souvent dans des forêts profondesou des cavernes,au cours duquel on initiait les nouveaux membres du Thiase. Ces Thiases officiaient dans la dimension ésotérique de la résurrection de Dionysos, du dieu deux fois-né.

Le centre du culte Dionysiaque culmine avec la fête des Anthestéries, célébration solsticiale hivernale et fête des morts. Dionysos est alors le dieu chthonien de l'hiver, complémentaire ou opposé à l'Apollon solaire.

Ce nom de Dionysos, qui se transformera en Denis, doit sans doute être également rapproché de la ville de Saint-Denis-de-l-Hôtel (autrefois Saint-Denis-de-Gergeau), qui jouxte Donnery.

Enfin, si nous exceptons, l'origine ésotérique Dionysienne, il est probable de cette transformation onomastique corresponde à la Christianisation d'un lieu de culte Celte.

Le territoire de Donnery était constitué de nombreux lieux-dit. L"un de plus notable est celui d'Allones, qui deviendra une seigneurie au Moyen-âge. Selon l'historien Pierre-Yves Lambert, le nom Allones, dérivé du mot Celte Alauna serait une épiclèse, c'est-à-dire un épithète Celtique de divinité : . Ce qualficatif, aurait la signification de "nourricier" basé sur le préfixe celtique ala signifiant "nourrir".

Pour d'autres auteurs, plus suivis, le nom d'Allones aurait pour origine la tribu Barbare des Alains. Les Alains étaient un groupe de nomades Aryens proches des Sarmates. Les Alains formaient un peuple Scythique, probablement originaire d’Ossétie dans le Caucase. En 375, date du début des "Grandes invasions", une partie d’entre eux prend la fuite devant les Huns et passent en Germanie.

Durant la nuit de la Saint-Sylvestre de l'an 406 ou 407, les Alains franchissent le Rhin gelé près de Mayence et déferlent sur la Gaule. En 408, accompagnés des Vandales, les Alains franchissent la Loire.



Les Alains franchissente le Rhin gelé (31 Décembre 406 ou 407)



Un de leurs groupes, dirigé par Goar accepte de se joindre aux forces armées Romaines. Flavius Aetius (395-454), sénateur et généralissime des légions romaines installe ces Alains en tant que fédérés, sur la Loire, dans la région à l'Est Orléans, et certainement dans la région de Donnery (Cf: Allones). Mais ces Alains, Barbares turbulents, sont très mal perçus par les autochtones. Un jour, estimant ne pas être payés assez vite ou suffisamment, ils n'hésitent pas à tuer des sénateurs d'Orléans.

Une centaine de localités de l'Orléanais se souviennent de l'installation de ce peuple Barbare : Allaines, Allainville, etc, dont Allones.

Sous le règne de leur roi Sangiban, les Alains se joignent aux forces d'Aetius qui s'opposent à Attila qui avait envahi la Gaule en 451 et prennent part à la bataille des Champs Catalauniques.

Il est certain que la voie Romaine reliant Cenabum (Orléans) à Agedincum (Sens) passant par Donnery et Allones fut empruntée par Attila est ses Huns après l'échec du siège d'Orléans face à la détermination de l'évêque saint Aignan (358-453), pour rejoindre les Champs Catalauniques (451),

Le Moyen-Age :

Au IXème siècle, la région d'Orléans, tout comme de nombreuses villes situées sur les grands fleuves de l'Empire carolingien subirent de nombreux sièges et très souvent le pillage des envahisseurs Normands : Danois, Suédois et Norvégiens.

Les Invasions Normandes sur la Loire.

Les Invasions Normandes sur la Loire.



En particulier les Normands cherchaient à piller, les endroits les plus riches de l'Empire, à savoir les monastères. Un grand chef Viking nommé Haesten ou Hasting (ca 810 - 893)), après avoir pillé Blois et Orléans en 851, revint en 856, pris Orléans le 18 Août et pilla peu de temps après l'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

Suite à ces raids répétés dans l'Orléanais, certains auteurs ont envisagé le fait que les armées Vikings avaient établi près d'Orléans, des bases terrestres comme celle de Noirmoutier. Les mêmes auteurs ont rapproché de le nom de Donnery des racines Norroises "Danne" (Danois) et "Ring" (Enclos fortifié). Ce site stratégique situé à égale distance d'Orléans et de l'abbaye de Saint-Benoît était une endroit idéal pour y établir un camp de départ saisonnier.

Toujours dans le même esprit pronant une influence Scandinave, d'autres auteurs considèrent que le nom de Donnery ("Donnericus") proviendrait du nom du Dieu du Tonnerre Nordique : Donner ou Donar, plus connu sous le nom de Thor. Donner-icus, qui est consacré à Donner serait donc un lieu de culte dédié au fils d'Odin-Wotan, par les guerriers Normands. Une transposition Scandinave de Dun-Rix, le lieu sacré des Rois Guerriers Celtes.

Le Dieu Nordique Donner.

Le Dieu Nordique Donner.

Toutes ces étymologie ou origines du nom de Donnery, ne doivent pas s'exclure les unes les autres : Les racines de ce nom ont pu évoluer et s'adapter en fonction des occupants ou des envahisseurs de la région Donnerysienne.

Il faut surtout retenir, que quelque soit l'étymologie proposée, celle-ci manifeste la notion de lieu sacré consacré à la fonction guerrière et ce, que ce soit pour la civilisation Celte, Gallo-Romaine ou Normande. C'est ce caractère immuable transmis par la tradition qu'il faut retenir.

Enn 660, à l'initiative de l'Abbé Mumma ou Mummolus, abbé de l'abbaye de Fleury, située à une douzaine de kilomètres à l'Est de Donnery, les reliques de Saint Benoît sont translatées du Mont-Cassin en Italie vers l'Abbaye de Fleury qui deviendra l'Abbaye de Saint-Benoit-de-Fleury.

A la fin du IXème siècle, ce sont les reliques d'un autre Saint qui intéressera le même terroir : celles de Saint Véran ou Saint Vrain, évêque de cavaillon et Martyr de la Foi Chrétienne. Une grande partie de ses reliques fut transportée dans l'Orléanais où, sous le nom de saint Vrain, il devint patron du chapitre de l'église collégiale de Jargeau, au diocèse d'Orléans.

Les reliques de Saint Véran furent tout d'abord déposées dans un hameau situé à une quinzaine kilomètres à l'Est d'Orléans; appelé "La Fontaine Saint Vrain", puis dans l'église de Jargeau. Une partie de ces reliques furent également translatées en l'église Saint Etienne de Donnery.

La Légende Dorée des Saints rapporte en effet que Saint Véran lui-même (à moins que ce ne soit la procession de ses reliques), tout comme il l'avait fait à Cavaillon , chassa de la région de Jargeau, un effroyable dragon aquatique appelé le Gargolium, ou Jargolium terme rappelant à la fois la Gargouille, mais également le nom éponyme de la ville de Jargean, dont le saint patron : Saint georges était également un Saint sauroctone(lttéralement Tueurs de Lézards).

Ce monstre, qui vivait dans la Loire, les rives de Jargeau, de Saint-Denis-de-Jargeau, et même, abomination ultime ! les étangs de Donnery.

En marge de ses fonctions de Saint Protecteur des Forces du Mal, Saint Véran était le patron des vignerons et du Vignoble Orléanais.

Saint Véran.
Saint Véran.

La Loire, route fluviale stratégique fut utilisée, tant pour le commerce, les pélerinages que les déplacement des armées.

Pendant la période de la Guerre de Cent Ans, ce fleuve constituait la frontière entre le provinces occupées par la coalition Anglo-Bourguignonne et les dernières possessions tenues par le vrai Dauphin de France Charles, fils de Charles VI et surnommé par ses ennemis Le Roi de Bourges

Donnery vécut les grandes heures de l'épopée de Jeanne d'Arc, quand la Pucelle après avoir délivré Orléans (12 octobre 1428 - 9 mai 1429) décida de chasser l'envahisseur Anglais des abords de la cité, de contrôler le Loire et ses ponts et d'ouvrir ainsi le chemin de Reims au dauphin Charles.

Ces batailles, menées par Jeanne d'Arc, sont au nombre de quatre :

La bataille qui intéresse le territoire de Donnery est la première dans l'ordre chronologique : La bataille de Jargeau, ville alors fortifiée qui se trouve à quatre kilomètres au sud de Donnery, fut décisive quant à la suite de l'épopée du sacre du dauphin.

Cette bataille s'inscrit dans le dessein qu'a voulu Jeanne d'Arc, de sécuriser la route pour Reims où le dauphin Charles, futur Charles VII, doit être sacré. Jeanne d'Arc veut "une route libre et sûre" dira-t-elle. C'est dans cette logique qu'elle va donc s'employer, encore portée par sa victoire à Orléans (8 mai 1429), à chasser définitivement les troupes Anglaises encore en place dans la vallée de la Loire.

À une quinzaine de kilomètres de la cité libérée, il subsiste alors toujours une partie des troupes anglaises, défaite lors de la bataille du 8 mai 1429. Cette armée, commandée par le duc de Suffolk a élu retraite dans la bourgade fortifiée de Jargeau et s'apprête à recevoir le duc de Bedford accompagné de renforts.

L'armée française voit à sa tête le duc Jean d'Alençon, fidèle compagnon de Jeanne d'Arc. Alors que celui-ci tablait sur la présence de près de deux mille hommes pour la bataille, il est bientôt rejoint par les compagnies de Jean de Dunois et Florent d'Illiers, alors capitaine de Châteaudun. Il se retrouve ainsi doté d'une force militaire deux fois plus importante qu'à son origine. Jeanne d'Arc pousse les capitaines à la marche sur Jargeau, voyant leur hésitation face à la probable multitude des Anglais réfugiés là-bas.

L'armée royale, se met alors en route vers la petite cité, dans l'idée de s'arrêter pour la nuit aux portes de la ville. Pour ce faire, elle emprunta la route de la rive nord de la Loire.

Cependant, une partie de l'armée Anglaise, sortit de Jargeau, passa sur la rive Nord de la Loire et vint à la rencontre des troupes Françaises les contraignant au combat. Les premiers engagements entre les avant-garde Anglaise et Française eurent lieu à Donnery et Saint-Denis-de-Gergeau.

Le lendemain, 12 Juin 1429, la bataille décisive s'engage sous les murs de Jargeau, et Jeanne d'Arc insuffle la volonté de Dieu aux troupes françaises, leur assurant la victoire : "Agissez et Dieu agira".

La bataille de jargeau (1429) d'après Martial d'Auvergne.

La bataille de Jargeau (1429) d'après Martial d'Auvergne.


Peu après le début de la bataille, Jeanne d'Arc monte aux remparts en brandissant son étendard. Cependant, une pierre vient la frapper à la tête et provoque sa chute, mais portée par sa détermination elle se relève et exhorte ses compagnons. En plein combat, le duc de Suffolk demande à être entendu afin d'obtenir une trêve, mais l'heure des demandes est trop tardive et dans un irrésistible élan, les Français s'emparent de Jargeau puis se lancent à la poursuite des Anglais.

Alors que le duc de Suffolk est fait prisonnier, ses troupes se replient en désordre sur Meung-sur-Loire et Beaugency. Cette dernière place tombera quelques jours après. Le 17 juin 1429, au cœur de la plaine de Beauce, Jeanne d'Arc disposera ses troupes en ordre de bataille et remportera une nouvelle victoire à Patay.

Statue de Jeanne d'Arc sur la place du Martroi à Jargeau.

Statue de Jeanne d'Arc sur la place du Martroi à Jargeau.


Grâce à ces dégagements militaire, en particulier celui de Jargeau situé à l'Est d'Orléans, la route de reims put être sécurisée. Le dauphin quitte Saint-Benoît-sur-Loire, le 1er Juillet 1429, et est sacré à Reims, le 19 Juillet.

Il existe d'autres éléments reliant La Pucelle d'Orléans à Donnery : A la fin du XIXème siècle, le marquis de Carbonnel, possesseur du château de Bois des Armes, sis sur la commune de Donnery, exhibait comme reliques un des houseaux qu'avait porté Jeanne d'Arc pendant la campagne de 1429.

L'histoire dit que le château changea de qualificatif suite à la défaite qu'avait subi les Anglais à Donnery, Anglais que Jeanne d'Arc avait poursuivis jusque-là, après la prise de Jargeau (12 Juin 1429).

Suite à cette victoire Donnerysienne qui parachevait lé dégagement complet du flanc oriental d'Orléans, Jeanne aurait coucha dans le château de la famille Carbonnel, et y aurait oublié sa paire de houseaux (ou heuses) qui complétaient le costume d'homme de guerre de la Pucelle. Suite à ce fait d'armes au nom primitif de Bois des Armes, fut substitué celui de Bas les Armes.

Le marquis de Carbonnel de Donnery découvrit en 1840, dans une vieille poutre de son château cette relique avérée de Sainte Jeanne d'Arc.

En 1888, Monseigneur Thomas, archevêque de Rouen, annonçait qu'il se proposait "d'élever un monument qui fût, non seulement une suprême expiation, mais aussi un prélude des gloires que l'Eglise décernera un jour à Jeanne d'Arc, en la plaçant sur les autels."

Aussitôt M. le marquis de Carbonnel de Donnery d'Hierville écrivait au comité Rouennais, pour lui mander qu'il tenait à participer "aux frais et honneurs du monument"", en qualité de descendant d'une des branches collatérales de la Pucelle ; puis, il ajoutait : "Je possède le houziau droit que porta Jeanne d'Arc dans son long voyage de sept mois entre Vaucouleurs et le Roi. S'il vous agrée, quoique j'aie l'intention de l'offrir à Sa Sainteté le Pape, lors de la canonisation de l'une des patronnes des patriotes français, je me ferai un plaisir de vous le prêter."

La seigneurie de Donnery :

Au moyen-âge, la seigneurie de Donnery possède le blason suivant : "D'argent au deux chevrons d'azur.". Les deux chevrons d'azur pourraient représenter les deux cours d'eau qui baignaient la seigneurie au Moyen-âge : Le Cens et l'Ousance.

Le Blason de Donnery.

Le Blason de Donnery.


Une des premières familles nobles connues ayant possédé Donnery est la famille Foyal. Il est intéressant de noter que cette famille qui possédera la seigneurie de Donnery de 1445 à 1710, arbore des armoiries présentant une analogie certaine avec les armes de Donnery.

Celles-ci se blasonnent : "De gueules au quatre chevronnels d'argent" (Chevronnel ou étai : Le chevron ne pouvant être être rebattu plus de trois fois)



Le Blason des Foyal.

Le Blason de la famille Foyal de Donnery.


Cette famille conclura de nombreuses alliances avec des fiefs proches de Donnery pour accroitre ses domaines.

En 1445, Guyot de Foyal, seigneur d'Allones, épouse Marie Boyau, fille du seigneur de Fay-aux-Loges.

Son fils Jean de Foyal est seigneur d'Allonnes, de Donnery et de Vernillon.

La famille Foyal prospérera, et le petit-fils de Jean, François de Foyal possédera les fiefs d'Allonnes, de Donnery, de Fay-aux-Loges, de Puiseaux, de Mainvilliers et sera gouverneur pour le Roi, de la ville de Gergeau (Jargeau), Chateau-Renard et Chatillon sur Loing (vers 1583).

Région de Donnery en 1662 (Carte de Joan Blauer).

Région de Donnery en 1662 (Carte de Joan Blauer).


Sur cet extrait de la carte de Johan Blauer (Atlas Van den Haagen -1662), nous remarquons que la forêt d'Orléans était présente beaucoup au Sud que de nos jours.

En 1710, Nicolas de Foyal, petit-fils de François, vendra la Terre d'Allonnes et la Seigneurie de Donnery à Jules de Flacourt, Sieur de la Touche. Le Château de la Touche étant situé sur les terres Donnerysiennes.

Donnery - Le château de La Touche.

Donnery - Le château de La Touche.


Donnery selon la carte de Cassini (1756-1789).

Donnery selon la carte de Cassini (1756-1789).


Au XVIIIème siècle, la paroisse de Donnery, appartenant à la Forêt d'Orléans, était située à l'intérieur de la ligne de Gruerie.

La gruerie (ou grurie) était un droit Royal de percevoir une partie des coupes de bois et une portion des amendes, confiscations, etc. prononcées pour abus et malversations dans les bois sujets au droit de gruerie.

La quantité était variable selon les localités. Le droit de gruerie venait de ce qu'à l'origine le Roi seul avait le droit d'avoir des bois de haute futaie, et que, lorsqu'il autorisait les particuliers à en avoir, c'était en se réservant la gruerie.

La Charbonnerie :

Le site de Donnery, sacré pour les tribus de la Gaule Celtique, conservera au cours des siècles ce caractère particulier et occulte. Ainsi, Donnery fut un lieu très important pour la société secrète méconnue des Maçons de la Forêt : La confrérie des Charbonniers..

Donnery ainsi que certains villages voisins tels Faye-aux-Loges, Vitry-les-Loges ou Charbonnière conservent une tradition liée à la Forêt d'Orléans, celle d'une corporation qui devint plus tard une société occulte et initiatique : la Charbonnerie

Le nom de ces villages sont significatifs, car les loges étaient en effet les habitations construites par les Charbonniers dans des clairières aménagées pour la fabrication du charbon de bois. Ce nom tout comme les loges maçonniques deviendra plus tard le nom de la cellule de base de cette société.

Ces charbonniers, après s'être regroupés au Moyen-âge en corporation, ont constitué très tôt des loges secrètes, dont le symbolisme avait trait à l'univers forestier. L'évolution de la Charbonnerie est parallèle à celle de la Maçonnerie. Mais alors que la seconde est une société basée à la base sur le travail de la Pierre, la première s'est constituée autour des activités ayant trait au Bois et à l'Arbre.

Cependant,malgré ces différences de Matière Sacrée, ces deux confréries ont toujours eu la réputation d'être très versées et très érudites dans l'Ars Magna ou Alchimie.

Il est intéressant de noter que certains hauts grades de la Franc-Maçonnerie de la Pierre aient des connotations Forestière : Ainsi le grade de "Chevalier Royal Hache" ou "Prince du Liban" du 23ème degré du Rite de Memphis ainsi que du 22ème degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté et du Rite de Perfection.

Même, si la Charbonnerie ne fut connue du grand public, au XIXème, et sous sa forme Italienne sous le nom de Carbonaria, l'existence ce celle-ci se perd dans la nuit des temps.

Ces sociétés de "bons cousins Charbonniers" sont en effet très antérieures au phénomène politique du Carbonarisme Italien.

Loge de Charnbonniers.

Loge de Charbonniers.


La Charbonnerie tire son nom des rites d'initiation des Forestiers fabriquant le charbon de bois. La fabrication du charbon de bois essentiel à l'alimentation des fours était depuis les temps immémoriaux considérée comme une technique initiatique et sacrée, à l'image de la métallurgie.

Dans toutes les sociétés primitives, les fonctions de Charbonnier ou de Forgeron ont toujours été associées au Chamanisme, à la Magie, puis plus tard à l'Alchimie, science occulte et initiatique.

Issues de l'ancienne corporation du métier de Charbonnier, ces associations usaient de signes secrets de reconnaissance, suivaient les "rituels forestiers" et favorisaient l'hospitalité et l'entraide. Chaque loge locale d'une société des "bons cousins" s'appelle une "vente".

Les symboles majeurs de cette société étaient l'arbre, la cognée, le coin et la hache.

La corporation des Charbonniers avait pris comme patron Saint Thibaut (Theobaldus). Thibaut né en 1017 à Provins de la famille des comtes de Champagne fut très tôt attiré par la vie des ermites. Il refuse d’être armé chevalier et finit par s’échapper avec son écuyer, Gauthier, pour vivre dans la Forêt Ardennaise preès de Pettingen, où ils deviendronst bucherons, charbonniers et vignerons.

Une autre source, similaire quant à l'onomastique, dit qu'un ermite de la forêt d'Orléans, un certain Theobald (Théobaldus origine latine de Thibault) était le Grand Prieur de la Charbonnerie.

Certains auteurs font remonter la Charbonnerie (ou Carbonarisme) à la période Celte, où les Gaulois vivaient encore nombreux dans les forêts et ou le feu, la métalurgie, la forge, possédaient un caractère magique et sacré.

La Romanisation de la Gaule ne put empêcher la survivance d'une civilisation forestière parfaitement adaptée à une vie proche de la Nature refusant les avancées de la civilisation urbaine. Progressivement, la "Forêt" devint le symbole même de la liberté et de la résistance à tous les impérialismes urbains. Les Charbonniers constituèrent le fer de lance occulte de cette civilisation résistant au monde dit moderne.

En particulier, la région de Donnery, omphalos sacré des cultes Druidiques devint de facto le centre Orléanais de ce courant ésotérique et initiatique souterrain.

Même si certaine légendes, font remonter la Charbonnerie, tout comme la Franc-Maçonnerie au temps du Roi Salomon, cette filiation rappelle également que les Charbonniers experts en feux étaient aussi considérés dans leur grades élévés comme des Adeptes de L'Art Sacré.

D'autres érudits ont également rapproché les rites de la Charbonnerie, des rites ésotériques du Culte de Mithra.

Il est intéressant de noter que ce culte de Mithra peut être rapproché du culte Dionysien qui était certainement pratiqué dans les environs de Donnery au début de notre ère (Cf : Supra.) . Il est curieux de noter qu'une des épiclèses de Dyonisos était Phloïos qui signifie "Esprit de l'écorce", terme initiatique Charbonnier s'il en est....

Mithra, tout comme Dionysos personnalisait une fonction Chtonienne, qualité prépondérante dans les rites de la Charbonnerie. Mithra, le dieu d'origine Iranienne, portait tout comme le Dieu de la Vigne, mais aussi comme les Rois Mages, le bonnet Phrygien, symbole des esclaves affranchis dans l'Empire Romain, mais aussi le symbole del'Initié.

Une Réunion <i>ouverte</i> des <i>Bons Cousins</i> au XIXème.

Une Réunion ouverte des Bons Cousins au XIXème.


Un des premiers récits relatant l'existence des Charbonniers remonte au début du XVIème siècle, et a pour origine une histoire symbolique se déroulant dans l'Orléanais.

Il faut se rappeler que François d'Orléans-Angoulême, futur François Ier avait été élevé en Sologne à Romorantin, et que celui-ci comme tous les seigneurs de son époque adorait la chasse et passait beaucoup de son temps à parcourir les forêts de la Sologne et de l'Orléanais.

La légende raconte qu’un jour, François Ier Roi de France, s’étant égaré à la chasse dans la Forêt d'Orléans, fut recueilli et secouru par un bon cousin Charbonnier. Quelques jours plus tard, le Roi tomba furtivement sur une réunion rituélique des Charbonniers. Intrigué, François Ier se fit connaître comme le Roi de France et se fit expliquer de manière exotérique les buts et coutumes de cette "Maçonnerie du Bois".

Emerveillé par le Savoir Initiatique de cette Société occulte, François Ier demanda à être initié et subir les épreuves pour être Charbonnier.

François Ier Maître Charbonnier.

François Ier Maître Charbonnier.


La légende explique que, pendant la cérémonie de réception, Le roi, s’étant par inadvertance assis sur le billot servant de trône au Père-Maître, celui-ci l’en délogea en prononçant la phrase passée à l’état de proverbe: "Charbonnier est maître chez soi.". Cette phrase, sur le plan ésotérique, peut également signifier que les Maîtres Charbonniers et les Adeptes des niveaux supérieurs possèdaient des pouvoirs supérieurs à ceux du Roi Très Chrétien.

Les premiers manifestes des Rose+Croix exposaient de manière occulte et détournée les mêmes prétentions.

Le Roi intronisé Charbonnier prit sous sa protection tous ses frères Charbonniers. Ceux-ci eurent des privilèges tels que l’exemption d’impôts foncier, mobilier, et personnel. D'aucuns pensent que le Roi leur conféra d'autres pouvoirs plus occultes.

Il est souvent dit que c’est à partir de ce moment-là que François Ier prit l’habitude d’appeler ses proches "mon Bon Cousin" ou "ma Bonne Cousine".

Certains courant ésotériques expliquent que la Salamandre, emblême royal de François Ier, animal magique et alchimique lié au feu, et qui est censé éteindre les mauvais feux et attiser les bons, serait le symbole caché de l'appartenance de François Ier à la Charbonnerie.

La Salamandre, symbolise également le pouvoir magique sur le feu, élément premier du Maître Charbonnier mais c'est aussi une représentation du "Feu secret" Alchimique.....

Nutrisco & extinguo.

Nutrisco & extinguo.

Pierre Alexis Ponson du Terrail:

En suivant le fil d'Ariane de la Charbonnerie nous allons traverser les siècles pour renconter un personnage célèbre qui se doit d'être mentionné dans l'histoire occulte et secrète de Donnery.

Il s'agit de l'écrivain Pierre Alexis Vicomte de Ponson du Terrail (1829- 1871), écrivain populaire au XIXe siècle et l’un des maîtres du roman-feuilleton. Il est célèbre pour son personnage Rocambole.

Pierre Alexis Vicomte de Ponson du Terrail

Pierre Alexis Vicomte de Ponson du Terrail.

Ponson du Terrail commence à écrire vers 1850. Ses premiers écrits s'inscrivent dans la tradition du roman Gothique. Par exemple, son roman "La Baronne trépassée" (1852) est une histoire de vengeance située autour de 1700 dans la Forêt-Noire. Il s'agit, au même titre que "La ville vampire" de Paul Féval, d'une histoire de vampires.

Très tôt, Pierre Alexis Ponson du Terrail cotoya de nombreux cercles littéraires et intellectuels s'intéressant à des pratiques initiatiques. En ce XIXème siècle, bon nombre de sociétés occultes florissaient.

C'est en 1857, que Pierre Alexis Ponson du Terrail entame la rédaction du premier roman du cycle Rocambole (cycle parfois connu sous le titre "Les Drames de Paris"). Rocambole devient un grand succès populaire, procurant à Ponson du Terrail une source de revenus importante et durable. Au total, Ponson du Terrail produisit neuf romans dont le héros est le fameux Rocambole.

Rocambole.

Rocambole.

En août 1870, alors que le romancier vient d'entamer la rédaction d'un autre épisode de la saga de Rocambole, Napoléon III capitule devant les Allemands. Fidèle à l'image du chevalier Bayard, il quitte Paris pour Orléans, où il forme une milice en vue de faire la guerilla. Mais il est vite obligé de s'enfuir à Bordeaux, les Allemands ayant incendié et pillé ses propriétés de l'Orléanais.

Il meurt à Bordeaux en 1871, laissant inachevée la saga de Rocambole.

La relation de Pierre Alexis Ponson du Terrail avec Donnery est la conséquence du fait que celui-ci avait dans ses relations le Baron Rouillé d’Orfeuille, qui fut maire de Donnery, propriétaire d’un château où Ponson était régulièrement invité pour des parties de chasse.

Le Baron Rouillé d’Orfeuille était, comme de nombreux notables de cette fin de siècle, féru d'ésotérisme et d'occultisme.

C’est probablement par son intermédiaire que Ponson du Terrail fait la connaissance du nouveau maire de Donnery , Monsieur Jarry. En juin 1860, avec la bénédiction de l’évêque d’Orléans, Monseigneur Dupanloup, Ponson du Terrail épouse sa fille, une riche héritière d'origine Lyonnaise Louise Lucile Jarry-Morand et s’allie ainsi à une respectable famille de la bourgeoisie Orléanaise et Donnerysienne.

Il gagne en sa compagnie l'été venu son château de la Reinerie, à Fay-aux-Loges, petite ville située à cinq kilomètres de Donnery, et possède aussi un petit hôtel particulier à Orléans.

Ponson du Terrail achètera également à Donnery, en bordure du canal d’Orléans, une coquette demeure, "les Charmettes", où il trouvera l'inspiration propice à son oeuvre.

Donnery : Les Charmettes.

Donnery : Les Charmettes.

La famille Terrail était très versée dans l'univers des sociétés sociétés secrétes. Les historiens affirment que le grand-père de Pierre Alexis, Pierre Toscan du Terrail appartenait à la Franc-Maçonnerie, et le père du créateur de Rocambole, Ferdinand Marie de Ponson du Terrail était très certainement Franc-Maçon.

En cette fin du XIXème siècle, et en tant que notable affilié à la noblesse Donnerysienne, il est à peu près certain que Pierre Alexis Ponson du Terrail fut initié à la société secrète dominante en ces terroirs : "La Charbonnerie.".

L'oeuvre populaire de Ponson du Terrail dissimule de manière ésotérique des secrets qui ont trait à cette société initiatique. Ainsi l'auteur de Rocambole dans ses ouvrages nous introduit un clan secret appelé "Les Chevaliers de la Pleine Lune". Cette société secrète est constituée de quatres aristocrates dont les noms rappellent des attributs symboliques de la Charbonnerie : Gontran de Neubourg, Lord Blackstone de Galwy, Arthur de Chenevières et Albert de Verne.

L'attribut de "Pleine Lune" qui caractérise cette société chevaleresque, rappelle bien évidemment la période nocturne pendant laquelle se déroulait les Rites Forestiers de la Charbonnerie. Les hôtes des bois et leurs rites donnaient naissance à de nombreuses légendes mais aussi de nombreux préjugés. Ces rumeurs, pour la plupart, tournaient autour de la sorcellerie, de la magie, de diableries diverses et variées.

La Pleine Lune est également le moment magique où la Lycanthropie entre en oeuvre.

Par-delà l'intitulé de cette société, il faut nous intéresser aux patronymes de ces chevaliers....

Le nom Neubourg, étymologiquement, indique la "Nouvelle Cité" spirituelle que voulait créer les Bon Cousins l'Ordre des Fendeurs. Neubourg symbolise le monde nouveau en construction, la Cité Sainte Des Rose+Croix.

Le patronyme Blackstone de Galwy peut se traduire littéralement la "Pierre Noire des Gaels", rappelant que Donnery est un des deux centres sacrés, un des deux omphalos Gaulois de la Forêt de Carnutes.

Blackstone, rappelle la Pierre Noire rejetée par Chronos-Saturne qui est de fait la "Prima Materia" Alchimique mais également le symbole du "Charbon de Bois", matière alchimique de la Charbonnerie.

La Pierre Noire rejetée par Chronos est un Omphalos, mais aussi un bétyle c'est-à-dire un Beith-El i.e. une "demeure divine" ou "Maison de Dieu". Considérée comme une pierre de Foudre, cette pierre noire, est donc semblable au "charbon de bois", pierre noire issue des feux de la Forge.

Cette Pierre située au coeur de la Cité Sainte, est le Centre du Monde.

Si Neubourg représente la finalité spirituelle de la Charbonnerie, le vocable de Blackstone rappelle en deuxième lieu également la matière Chaotique du commencement qui doit être travaillée spirituellement...

La Pierre Saturnienne (Atalanta Fugiens - Planche XII)

La Pierre Saturnienne (Atalanta Fugiens - Planche XII)

Les deux autres patronymes des "Chevaliers de la Pleine Lune" rappellent les racines des rituels forestiers de la Charbonnerie à savoir deux végétaux.

Chenevières rappelle le Chanvre symbole de l'initiation, de l'illumination, de la communion avec la Divinité, mais également par cabale phonétique le "Chêne Vert" représentation du renouveau et "Charbon de Bois" en puissance.

Le chêne qui dans l'Ars Magna, symbolise l'Athanor ou four alchimique, représente de manière analogue la Forge dans la Maçonnerie Forestière.

Enfin le patronyme Verne (ou Vergne ou Aulne), arbre sacré des Celtes, provient du Gaëlique gwern, (en breton gwern) terme qui signifie également "marais", car cet arbre pousse dans des lieux humides. Cet arbre symbolise les lieux secrets forestiers ou se réunissent les Ventes de la Charbonnerie, mais aussi l'univers entier : Traditionnellement, de l'aulne sont extraites trois teintures: la rouge de son écorce, la verte de ses inflorescences, la brune de ses rameaux. Les mythologies Celte et Scandinaves y voient les symboles du feu, de l'eau et de la terre.

Le Verne est aussi par excellence l'arbre de Vie, n'est-il pas, toujours selon les légendes du Nord, le seul arbre qui pleure des gouttes de sang quand on évoque la possibilité de l'abattre ?

L'Aulne Celtique était également dédié à Bran, le chevalier des Celtes. Quoi de plus naturel donc que de le retrouver parmi les quatre personnages des "Chevaliers de la Pleine Lune".

En résumé les patronymes des quatres chevaliers exposent la finalité, l'origine, les moyens (sprirituels et opératifs) et l'univers de la philosophie hermétqie de la Charbonnerie.

De plus ces Chevaliers Initiés (Cabale) ne sont-ils pas référence aux Adeptes de l'Art Alchimique appelés "Baphus-Mete", traduit par Gérard de Sède par l'expression les "Teinturiers de la Lune".

Le Cépage Donnery :

Donnery est également le nom d'un cépage venu de Bourgogne plus précisement originaire des Côtes de Beaune, que François Ier fit venir en Sologne.

En 1519. Le Roi, dont le lignage des Valois Angoulême possédait le château de Romoratin, fit planter 80 000 plants de cépage "Donnery", où le roi établit son vignoble dans le « clos royal » du château.

Si l'on en croit la tradition, le Roi-Chevalier voulait agrandir, transformer, voire rebâtir le château de Romorantin.

En 1516, François Ier confie à Léonard de Vinci la tâche de concevoir un palais royal. Ce dernier envisage également le percement d'un canal reliant la Loire à la Saône. Le projet périclite à la mort de Léonard de Vinci. Le projet fut abandonné et la nouvelle demeure royale s'élèvera finalement à Chambord.

Le cépage "Donnery", originairement cépage des Vins de l'Orléanais suivit la migration à Chambord, et changea de nom en cépage "Romoratin"

Après la dernière guerre, ce cépage unique couvrait plusieurs centaines d'hectares, puis vint le déclin ; la mode et la séduction immédiate du chardonnay et du sauvignon lui portèrent des coups qui auraient pu lui être fatals si des défenseurs de ce cépage aussi rare que typé ne s'étaient manifestés et avaient gagné leur combat.

Depuis 1993, en effet, une appellation lui est réservée, à lui seul : Cour-Cheverny.

Le vignoble producteur de Cour-Cheverny couvre une cinquantaine d'hectares répartis sur onze communes sises entre Blois et les châteaux de Chambord et de Cheverny. Ici, pas d'océan de vignes :1a forêt est omniprésente et joue le rôle de régulateur climatique.

Le sol silico-argileux ne contribue pas à de gros rendements, à tel point que l'AOC Cour-Chevenry est l'une des rares à ne produire que les deux tiers (environ) du quantum autorisé (rendement réel: 42 hl/ha). Ce vin blanc ne cherche pas à rivaliser avec les montrachet et autres meursault, son prix non plus.Son caractère est affirmé, frais, minéral, avec un soupçon de miel d'acacia et une touche épicée. Un vin d'amateur, très sec et d'une grande vivacité propre au cépage.



Quelques chapîtres internes au site Theudericus :



Quelques sites externes :















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