Les Vierges Noires de l'Orléanais.



L'Orléanais, et plus paticulièrement les environs d'Orléans est une terre qui abrita de nombreuses Vierges Noires

Les Vierges Noires Romanes sont des statues de la Vierge Marie qui ont pour particularité d'être de couleur noire ou brune, d'où le vocable qui leur a été attribué.

Au delà de cette couleur particulière, ces Vierges Noires Romanes possèdent des caractéristiques communes. Ces particularités sont les suivantes :



Vierge Noire de Rocamadour.

Vierge Noire de Rocamadour.


Ces Vierges Noires ont toujours été regardées par la Tradition comme faisant partie intégrante d'un Message ésotérique issu de la Nuit des Temps et transmis par le Savoir occulte de l'Occident Médiéval.

Certains auteurs rapprochent la présence de ces anciennes statues en Orléanais des nombreux Ordres monastiques et/ou militaires d'Orient qui s'étaient installés près d'Orléans, tels les moines de Notre-Dame du Mont-de-Sion, ou les Chevaliers de l'Ordre de Saint Lazare.

En 1152, un petit contingent de l'abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion accompagna le roi Louis VII qui rentrait en France après la deuxième croisade et fut installé à l'abbaye de Saint-Samson, à Orléans.

En 1154, le même roi ramenait de Terre Sainte douze Chevaliers de Saint-Lazare qu'il installait en son château de Boigny près d'Orléans.

Le lecteur trouvera à la fin de ce chapitre du Site Theudericus, quelques précisions sur ces ordres.

Maison de l'Ordre de Saint Lazare (Boigny près Orléans)

Maison de l'Ordre de Saint Lazare (Boigny près d'Orléans).


La concentration de ces ordres transplantés de Terre Sainte autour d'Orléans, a été rapprochée du fait que les Vierges Noires, ont entre autres caractéristiques d'être, par leur histoire, reliées à l'Orient : semblables à Isis, rapportées par un Croisé d'Orient, voire même liées à Saint Louis..etc.

Quatres lieux de l'Orléanais possédaient des Vierges Noires :

Il est intéressant de noter que les trois premiers sites cités, sont directement bordés par la Loire et se trouvent sur un des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle : celui de Paris.

Chateauneuf-sur-Loire était sur le chemin d'Orléans à l'abbaye de Fleury (Saint Benoit sur Loire), Saint Benoit étant une étape obligatoire pour les pélerins, afin de vénérer les reliques de Saint Benoit de Nursie.














La Vierge Noire d'Orléans : Notre-Dame-des-Miracles.

Il existait autrefois à Orléans une Vierge noire appelée "Notre-Dame des Miracles" ou "Sainte Marie l'Egyptienne." La légende raconte que la statue provenait d'Orient et qu'elle aurait été honorée depuis le Ve siècle par une groupe de croyants Syriens.

Certains auteurs précisent que lorsque la Syrie devint musulmane au VIIIe siècle, les Chrétiens auraient subtilisé cette statue mariale de couleur noire et l'aurait translatée à Orléans. Une autre version relate que ce sont des marchands Syriens qui auraient apporté à Orléans, cette Vierge Noire au Vème ou VIème siècle.

Cette Vierge Noire aurait été grandement vénérée par les Orléanais. Lors des invasions Normandes du IXème siècle, Orléans et ses faubourgs furent protégés des Vikings grâce à l'intercession de la Vierge qui prit alors le vocable de "Notre-Dame des Miracles".

La mention écrite de l’existence d’un sanctuaire consacrée à la Vierge Marie remonte à 1264. Ce sanctuaire est associé à l'église Saint Paul d'Orléans.

Les historiens pensent qu’au XIIe siècle, il existait deux chapelles qui vont se fondre en un seul édifice. Dans une des chapelles collatérales l’autel est surmonté d’une statue de la Vierge Noire.



Chapelle Notre Dame des Miracles.

Chapelle Notre Dame des Miracles.


Vincent de Beauvais (1184-1264), frère Dominicain, auteur, entre autres, d'une célèbre encyclopédie constituant un panorama des connaissances du Moyen Âge rapporte La sauvegarde de la ville par la Vierge noire dans son ouvrage intitulé "Speculum historiale, VIII, 83".

L'histoire du siège d'Orléans (1428-1429) rapporte que Jeanne d’Arc, avant la délivrance d la cité Ligérienne, pria pendant toute une semaine la Vierge Noire d’Orléans. Cet épisode de l'Histoire Orléanaise, renforça la vénération de la Vierge Noire des Miracles.

Cette Vierge fut malheureusement brûlée pendant les guerres de religions en avril 1562. La chapelle qui abritait la statue, sera détruite en même temps que l'église Saint Paul par les Huguenots.

Les édifices religieux seront reconstruits et achevés en 1566. La statue de la Vierge sera refaite en pierre noire.





Notre Dame des Miracles - Vitrail de l'Eglise Saint Marceau (Orleans)

Notre Dame des Miracles - Vitrail de l'Eglise Saint Marceau (Orleans).


En 1940, l'église saint Paul est détruite ainsi que tout le quartier. Mais le petit sanctuaire où se trouvaitla Vierge Noire se dressa intact au milieu des ruines.

La Vierge Noire d'Orléans est toujours le réceptacle d'une dévotion particulière manifestée par les Orléanais.














La Vierge Noire de Cléry-Saint André :

La première mention écrite de Cléry date du milieu du VIe siècle : l’évêque d’Orléans, Marc, souhaitant rencontrer l’ermite Saint Liphart de Meung-sur-Loire, mentionna le lieu de leur rencontre : "Clariacus vicus".

Il est intéressant de noter que Saint Lyphard, tout comme Saint Mesmin, Saint dié et Saint Véran ou Saint Vrain sont des saints saurochtones, tueurs de Dragons (symbole Chtonien) des bords de Loire.

La Vierge Noire de Cléry fut trouvée en 1280, par un paysan, dans la terre de son champ, durant qu'il le labourait. Cette statue fut découverte par les boeufs de l'attelage, dans un buisson de ronces et d'épines.

Nous remarquons une fois de plus, les symboles récurrents du boeuf et des épines, très souvent associé à la statue de nature chtonienne.

Lors de sa découverte et voulant rapporter la statue au curé de Mézières-lès-Cléry, les boeufs de l'attelage du paysan partirent dans une direction opposée et s’arrêtèrent net dans une clairière non loin de la Loire. Il fut alors décidé de bâtir une petite chapelle exactement à l’endroit où les bovins s'étaient arrêtés.

Ceci est une caractéristique constante des Vierges Noires : C'est la statue qui choisit l'endroit où on devra la vénérer. Si on la déplace à un autre endroit plus "convenable", la statue se rebelle et la nuit revient à l'endroit qu'elle a choisi et où il faudra lui batir un sanctuaire.

La statue de la Vierge Marie portant l'Enfant Jésus fut apportée dans l'oratoire des Seigneurs de Cléry ; des pèlerins affluèrent et il se produisit des miracles.

Au mois de novembre 1300, la châtelaine de la Salle avec le consentement de Philippe le Bel et de Bertrand de Saint-Denis, évêque d'Orléans, fonda la Collégiale de Cléry pour se consacrer à la vénération de la Vierge Noire, et organiser des pèlerinages.



Basilique de Cléry - Saint André.

Basilique de Cléry - Saint André.




La construction de l’église s’achèva en 1350, bien après la mort de Philippe le Bel.

Pendant la guerre de Cent ans, lors du siège d'Orléans, en 1428, la collègiale sera pillée et incendiée par les troupes anglaises de Salisbury. Salisbury qui commandait alors l’armée anglaise dans la région va rapidement mourir à Orléans. Rapidement, les Orléanais mettront cette mort sur le compte du pillage de Cléry et de la profanation de la Vierge Noire : "Qui sont choses assez induisans à croyre que ses jours en furent abbregez par juste vengence de dieu. Et en especial fut pillée Nostre Dame de Cléry et le bourg aussy pareillement."

En 1443, Louis XI, Dauphin de France, fit le voeu, à la bataille de Dieppe, de donner le pesant d'argent de la statue de la Vierge Noire, à la reconstruction de la basilique, s'il parvenait à libérer la ville.

Son vœu ayant été exaucé, il tint parole. En 1445 les travaux commencent, Louis XI va faire reconstruire la basilique et la transformer en Chapelle Royale. Il sera aidé par ailleurs par Jean le Bâtard d'Orléans, Comte de Dunois, fils de Louis Ier Duc d'Orléans et compagnon d’armes de Jeanne d’Arc. Il semble par ailleurs que Dunois ne soit pas étranger au vœu de Dieppe. Ce sont les architectes Pierre Lepage et Pierre Chauvin qui vont créer cet édifice gothique flamboyant.

Le 16 Juillet 1465 après la bataille de Montléry opposa le Roi de France à Charles le Téméraire. Louis XI bien que non vainqueur de cette bataille, emêcha ses adversaires de renverser la Royauté. En reconnaissance, Louis XI se rendit en grande pompe à Cléry le 21 décembre 1467 pour remercier Notre dame de Cléry.

Il revint en 1470 pour demander à Notre-Dame de lui donner un fils, et il l'obtint. Ce fut Charles VIII.

En 1472, alors que la reconstruction de l’église est bien avancée, il y fait creuser son tombeau et préparer sa tombe. Il meurt le 30 Août 1483 à Plessis-lés-Tours et se fait inhumé le 6 Septembre dans la basilique. Charles VIII ordonna que son coeur y reposât après sa mort près de son père.



Notre Dame de Cléry.

Notre Dame de Cléry.

















La Vierge Noire de Châteauneuf-sur-Loire : Notre-Dame-de-L'Epinois :

La vierge Noire de Chateauneuf-sur-Loire, appelée Notre-Dame-de-l'Epinoy fut comme toutes le Vierges Noires découverte fortuitement.

La légende Castelneuvienne, raconte qu’un pieux Seigneur aurait eu en songe des apparitions d’une dame couverte de déchirures d’épines. Marchant dans ses terres, il aurait un jour découvert une statue de la Vierge Marie au milieu d’un buisson d’épines. Celle-ci était noire comme de l'ébène.

Le seigneur aurait alors, avec l’aide de la population, édifié une vaste église pour y placer la statue. La renommée de « Sainte Marie de Montraer (ancien nom de Châteauneuf) » ou "Sancta Maria de Castro Novo" était alors très grande. On l’appela ensuite « La Vierge sauvée des épines » ou encore « Notre-Dame de l’Epinoy » et puis « la Bonne Dame ».

Suite à cet événement, les initiés rappellent une phrase du Cantique des Cantiques (2.2)fut rapprochée de la Vierge Noire de L'Epine :

"Sicut lilium inter spinas, sic amica mea inter filias"

"Comme un lis au milieu des épines, telle est mon amie parmi les jeunes filles."

Une autre phrase du Cantique des Cantiques (1.5) est également souvent citée à propos des Vierges Noires :

"Nigra sum sed formonsa"

"Je suis noire, mais je suis belle"

Notre Dame de L Epinoy Autel.

Sicut Lilum Inter Spinas.




En 1135, Louis VI donna l’église et les biens qui en dépendaient aux moines de Fleury (Saint-Benoît) qui fondèrent un prieuré plus tard rattaché en tant qu’annexe à celui de Vitry-aux-Loges. La chapelle fut inscrite dans un ensemnle ecclésial très imporant qui comportait même un cloître.

La chapelle Notre-Dame de l’Epinoy a été pendant des siècles un lieu de pèlerinage. Les vignerons de Châteauneuf se sont placés sous sa protection, avec notamment un pèlerinage chaque année le 08 septembre ; deux bannières sont toujours pendues à proximité du retable où est installée la statue de la Vierge.



Notre Dame de L Epinoy Eglise

Notre Dame de L Epinoy.















La Vierge Noire de Ferrières : Notre-Dame-de-Bethléem.

A Ferrières-en-Gatinais, petite ville de l'Orléanais, fut fondé au milieu du IIIème siècle, un santuaire marial, qui devint plus tard un lieu de pélerinage consacré à une Vierge Noire.

Selon la tradition, le premier sanctuaire édifié en ce lieu commémorait la vision miraculeuse des saints évangélistes Savinien et Potentien qui, la nuit de Noël, ont vu en songe la crèche de Bethléem.

Savinien et Potentien évangélisèrent ensuite la région de Sens où Saint Savinien devint le premier evêque de Sens.

Loup Servet célèbre abbé du XIIIème siècle rapporta l'événement miraculeux qui se déroula la nuit de Noël: "Voilà que tout soudain la chapelle où lis étaient fut toute remplie d'une lumière inaccoutumée et environnée du choeur des Anges. Et là fut vu, entre les bras de la sainte Vierge, l'enfant Jésus en la même forme qu'il étoit venu au monde mais avec une bien plus grande et vénérable majesté. Potentien, le plus âgé s'écria : c'est vraiment ici une autre Bethléem ".

Une chapelle fut aussitôt édifiée en l'honneur de la Vierge et de l'Enfant-Jésus. Bientôt une petite communauté monastique prit soin de ce sanctuaire marial, un des premiers de l'Orléanais.



Notre Dame de Bethléem.

Notre Dame de Bethléem.




Cette première chapelle, appelée en raison du miracle "Notre-Dame-de-Bethléem", fut malheureusement détruite par les Huns au milieur du Vème siècle.

C'est à Ferrières, que la légende dorée place le fameux épisode où de Pépin-le-Bref qui aurait tué avec son épée un lion et un taureau. Cet exploit mythique doit être considéré à l'aune de l'Esotérisme. Les éléménts de ce récit doivent être rapprochés des constellations d'Orion (épée et Baudrier), du taureau et du Lion, et également de la constellation de la Vierge représentée par le sanctaire marial.

D'autres écrits, rapportent que Clovis et Clothilde avait une vénération particulière pour "Notre-Dame-de-Bethléem", et que celle-ci eut une influence déterminante quant à la conversion de Clovis. Ce dernier fit construire, près du sanctuaire original, l'église Saint Pierre et Paul.

L'abbaye bénédictine proprement dite, fut semble-t-il fondée vers l'an 620, sous le règne du roi Dagobert.

Cette abbaye était en relation avec la cour impériale de Charlemagne. Théodulphe, évêque d'Orléans et conseiller de Charlemagne, participa activement à la renommée de l'abbaye. Elle connût alors un immense rayonnement spirituel grâce à son scriptorium, et deux rois de France, Louis III et Carloman, furent couronnés dans cette abbaye en 879.

Aucune légende ne fait référence au remplacement de la Vierge originelle par la Vierge Noire Romane. Les rares descriptions prouvent que la statue romane possédait toutes les caractéristiques des Vierges Noires. La statue du XIIème siècle disparut, sans doute pendant les Guerre de religion et fut remplacée par une copie du XVIème siècle.

Cette statue est visible une fois par an, le jour du pèlerinage, le premier dimanche de septembre. Elle a échappé aux destructions de la Révolution Française grâce à la femme du gardien de la prison de Ferrières qui l'aurait cachée dans son armoire à linge, puis remise au curé, la Terreur passée.

Selon une légende rapportée par l'abbé Jarossay, la femme aurait ensuite vécu près de cent ans, sans douleurs ni infirmités d'aucune sorte, ce que l'on regarda, dans la ville, comme la récompense de sa courageuse action.














Le prieuré de Saint-Samson à Orléans :

Le prieuré de Saint-Samson avait été concédé en 1067 par Philippe 1er à l'abbaye de Saint Martin des Champs à Paris. La Tour des Vergers de Saint-Samson faisait partie intégrante du mur d'enceinte d'Orléans.

Philippe Ier est inhumé à l'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire situé à une dizaine de kilomètres de Donnery, l'omphalos de la forêt des Carnutes.

Après la conquête de Jérusalem, par les Croisés, le 15 juillet 1099, Godefroi VI le Pieux, duc de Bouillon, ordonna l'édification de l'abbaye de Notre-Dame (ou Sainte-Marie) du Mont-de-Sion, sur les ruines d'une ancienne église byzantine située en dehors des murs de la ville, au sud de la porte de Sion. Cette abbaye abritait des chanoines augustiniens, qui servaient de conseillers à Godefroi.



Notre Dame du Mont-de-Sion.

Notre Dame du Mont-de-Sion.




En 1152, un petit contingent de l'abbaye de Notre-Dame du Mont-de-Sion accompagna le roi Louis VII qui rentrait en France après la deuxième croisade et fut installé à l'abbaye de Saint-Samson, à Orléans.

Parmi eux, un groupuscule encore plus choisi fut transféré au "petit prieuré du Mont-de-Sion" (Montission), près de Saint-Jean-le-Blanc, faubourg situé au sud d'Orléans. Jérusalem fut repris par les Sarrasins. Cet épisode fut la conséquence du désastre de la bataille de Hattin qui eut lieu, le 4 juillet 1187 près du lac de Tibériade, en Galilée. Elle opposa les armées du royaume de Jérusalem, dirigées par Guy de Lusignan, aux forces de Saladin.

Les chanoines de l'abbaye du Mont-Sion durent alors fuir la Terre Sainte. Après cette scission, le "Prieuré de Sion-Ormus" s'installa à Montission près d'Orléans.

Ce domaine fut donné aux chanoines de Notre-Dame du Mont-Sion antèrieurement à l'année 1207, par Gilbert de Mont-Sion. Ceci est établi par une pièce du cartulaire de Montission ("Montis Sion").

L'Orléannais était à cette époque un lieu de retrait pour les ordres militaires et religieux ayant combattu en Terre Sainte.

En 1154, Louis VII, prît sous sa protection douze Chevaliers de Saint-Lazare qu'il installa en son château de Boigny. L'accompagnaient également des Chevaliers du Temple qui s'installèrent au faubourg Saint-Marc, près d'Orléans. La commanderie jouxtait l'église Saint-Marc à l'est hors des murs de la ville. Ces ordres laissèrent leur empreinte dans la toponymie locale.

La présence de ces Ordres monastiques et guerriers n'étaient pas que des machines de guerres de l'Eglise. L'ésotériste Gérard de Sède a démontré d'une manière admirable que ces Ordres étaient le réceptable d'un savoir occulte. Ce savoir était diffusé au travers de différents moyens. Les églises romanes, les cathédrales gothiques, certains pélerinages, le culte de la Vierge Marie, et particulièrement la vénération des Vierges Noires constituaient les éléments essentiels de la diffusion de ce savoir ésotérique.





Quelques sources :