L'Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, appelée également abbaye de Fleury, est une abbaye bénédictine de style roman située dans la ville du même nom dans le Loiret, près de la rive nord de la Loire.

C'est une des plus anciennes abbayes de France. Elle est illustre, car elle renferme les reliques de Saint Benoît de Nursie (480 - 547), fondateur de l'ordre Bénédictin du le monachisme Européen, considéré comme le patriarche des moines d'Occident,

L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.


1) Historique :

De nombreux auteurs situent le coeur spirituel du monde Gaulois dans la Forêt des Carnutes. Ce coeur de la Gaule aurait été situé dans la région de Saint-Benoit-sur-Loire située à l'Est de Donnery.

D'après César, cette forêt était le centre géographique de la Gaule et le siège du culte druidique. C'est là, quelque part dans l'antique forêt profonde, que les druides de toute la Gaule Chevelue tenaient un conseil annuel.

Associé à ce centre spirituel Celte, existait à peu de distance de Saint-Benoît un autre centre consacré à la composante guerrière de la société Celte. Ce second lieu est situé à Donnery, petit village situé à une quinzaine de kilomètres à l'Ouest de Saint-Benoît.

Le nom de Donnery serait d'origine Celte et signifierait "le centre sacré des Rois" (Dun (Centre sacré, tertre) et Rix (Roi ou Chef). Donnery serait donc un "locus consecratus" Celte. Ce lieu sacré Royal, situé également au coeur de la Forêt des Carnutes était très certainement le pendant de l'Omphalos spiriuel Druidique de Saint-Benoît-sur-Loire.

Selon la vision tri-partite Indo-Europénne, développée par le philologue Georges Dumézil, le lieu de Saint-Benoît-sur-Loire était dédié à la première caste des prêtres (Druides), tandis que le site de Donnery était consacré à la seconde caste, celle des guerriers.

Très tôt, la religion Chrétienne s'appropria ce "lieu où souffle l'esprit."

Au milieu du VIIème siècle, quelques moines venus d'Orléans,s'établissent sur la rive nord de la Loire, à trente kilomètres en amont d'Orléans, sur une petite butte proche du village de Fleury, et y construisent une église dédiée à Notre-Dame.

Dans le même temps, une seconde colonie de moines s'installe à une centaine de mètres plus loin, autour d'une église Saint-Pierre. A cette époque ces communautés ne vivent pas encore sous la règle de saint Benoît, mais sous celle d'un autre grand fondateur, saint Colomban.

Vers 651, les deux communautés fusionnent, et le monastère est désormais connu sous le nom de Saint-Pierre de Fleury. Peu de temps après avoir adopté la règle de Saint Benoit, les moines de Fleury entreprirent d'aller chercher les restes de son auteur abandonnés dans son tombeau par les moines du Mont Cassin chassés par les invasions lombardes et réfugiés à Rome.

En 660, à l'initiative de l'Abbé Mumma ou Mummolus, les reliques de Saint Benoît sont translatées du Mont-Cassin en Italie vers l'Abbaye de Fleury qui deviendra l'Abbaye de Saint-Benoit-de-Fleury.

Cette "Translatio Sancti Benedicti" eut lieu en Juillet 672 et est célébrée chaque année dans la liturgie monastique le 11 juillet. Le linteau du portail Nord en est une magnifique illustration iconographique du XIIe siècle.

Les précieuses reliques, source de miracles, et guérison et de prodiges, attire de nombreux pélerins et valent un succès croissant à la désormais célèbre Abbaye.

Saint Benoit de Nursie.

Saint Benoit de Nursie.


A l'époque carolingienne Théodulf ou Théodulphe (750-821), Abbé de Fleury, de Micy et évêque d'Orléans (798-818), est conseiller de Charlemagne. A ce titre, il assistera au couronnement impérial, célébré à Rome en la Noël de l'an 800.

Théodulphe créat deux écoles monastiques de renom : l'une extérieure à l'abbaye pour les prêtres séculiers, l'autre intérieure pour les futurs moines. De son coté, le Sciptorium de l'abbaye produit de magnifiques oeuvres.

Ce grand érudit possèdait un domaine situé à cinq kilomètres de l'abbaye : Germigny-des-prés. De cette villa, subsite l'oratoire Carolingien, vestige unique de cette époque, en France.

Oratoire carolingien de Germigny-des-prés.

Oratoire carolingien de Germigny-des-prés.




En 865, l’abbaye subit les Invasions Normandes, et plus particulièrement le pillage des Vikings du chef Hasting; mais l'abbaye va refleurir à nouveau, et les Xe et XIe siècles sont la grande époque du rayonnement spirituel, intellectuel et artistique de Fleury.

Le monastère est réformé dans la première moitié du Xe siècle par Saint Odon de Cluny.

Saint Odon, abbé de Cluny, imose l'observance Clunisienne à Fleury et développe l'école abbatiale : Les escholiers affluent de toute la France, mais aussi d'Angleterre.

A la fin du Xème siècle, deux grands abbés font de Saint-Benoît-sur-Loire l'un des centres culturels de l'Occident : Saint Abbon (988-1004) et Gauzlin (1004-1030). L'abbaye rayonne alors grâce à son importante bibliothèque et son scriptorium et devient un des tout premiers foyers intellectuel de l'Occident, rayonnant particulièrement sur l'Orléanais, le Maine, l'Anjou, la Touraine et l'Angleterre.

pendant ce Xème siècle, l'abbaye subit encore plusieurs destructions par les Normands, puis un terrible incendie en 1026.

Suite à cet incendie, l'eglise abbatiale (L'édifice actuel) est reconstruit à partir de 1027 par Gauzlin, abbé de Saint-Benoît. La Tour-porche est commencée en premier vers 1030.

L'abside, la crypte et le choeur furent construit à partir de 1065 et sont achevés en 1108. Ces édifices sont consacrés le 21 Mars 1108, même année, permettant l'inhumation du roi Philippe Ier, la même année dans le sanctuaire.

L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.


La nef est alors construite pour rejoindre la tour-porche avec le reste de l'église. L'essentiel du bâtiment est achevé vers 1218, date le la dédicace de la Basilique.

La dédicace de la Basilique relance les pélerinages à Saint-Benoit-sur-Loire. En particulier, les pélerins de Saint-Jacques-de-Compostelle, partant de Paris, et du Nord de la France, font, en passant à Orléans, le détour à l'Abbaye qui renferme les reliques de Saint Benoit.

En 1429, après la délivrance d'Orléans, et la victoire de Jargeau - Donnery (12 Juin 1429) qui libérera la route du sacre, Jeanne d'Arc, viendra accompagnée du roi Charles VII prier devant les reliques de saint-Benoit avant de partir sur Reims pour le couronnement du roi.

En 1486, l'abbaye est mise en "commende" : Les revenus de l'abbaye sont attribués à des abbés "commendataires", parfois laïcs, qui ne participent aucunement à la vie monastique, ni religieuse de l'abbaye.

Pendant les Guerres de religion, l'abbaye sera pillée par Odet de Chatillon-Coligny, frère de l'Amiral de Coligny.

En 1627, la congrécation de Saint-Maur, introduite par le Cardinal de Richelieu, abbé commendataire de Saint-Benoit, relance la vie monastique de l'Abbaye.

La communauté monastique est dispersée au cours de la Révolution Française. Au début de l'Empire, l'abbaye servira de carrière de pierres.....

En 1854, peu avant sa mort prématurée, le Père Muard, fondateur de l'Abbaye de Pierre-qui-Vire (Bourgogne), vient à Saint-Benoît-sur-Loire et prédit au curé de la paroisse qu'un jours ses fils chanteront ici les louanges de Dieu. De fait le 7 janvier 1865, à la demande de Mgr Dupanloup, Evêque d'Orléans, trois moines de la Pierre-qui-Vire s'installent au presbytère de Saint-Benoît et prennent en charge la paroisse en attendant de pouvoir reconstruire le monastère.

La véritable refondation a lieu le 11 Octobre 1944 avec l'arrivée de treize moines de l'Abbaye de la Pierre-Qui-Vire. L'abbaye, rattachée à la Congrégation de Subiaco, compte aujourd'hui une quarantaine de religieux, accueille plusieurs centaines d'hôtes chaque année et près de cent mille visiteurs, simples touristes ou pèlerins.

Les frères vivent de la boutique d'artisanat monastique, de la fabrication de bonbons en forme de moines, de l'accueil et de dons. Contrairement à la Congrégation de Solesmes, Saint-Benoît-sur-Loire accorde une large place au français durant l'office divin tout en conservant le chant grégorien à la messe et pour les fêtes principales.

Il est intéressant de noter que la communauté monastique d'aujourd'hui est jumelée spirituellement avec le chapitre de la cathédrale anglicane de Winchester. La cathédrale de Winchester possède la Table Ronde des Chevaliers d'Artur.

Ce lien entre l'omphalos de la forêt des Carnutes et de la Table du Graal Celte est dès plus significatifs...

Il est aussi significatif de constater que l'Abbaye est située sur le Méridien de Paris, i.e. la Rose Ligne, fil ésotérique et initiatique quie relie entre autres, l'Eglise saint-Sulpice de Paris, la cathédrale Saint-Etienne de Bourges et le fameux Tombeau des Pontils, élément clef des travaux de Gérard de Sède notre Maître, à propos de l'Enigme de Rennes-le-Château.

La Table Ronde du Roi Artur (Winchester).

La Table Ronde du Roi Artur (Winchester).


Les armes de l'abbaye de Fleury se blasonnent ainsi : D’azur à une croix d’argent chargée de cinq roses de gueules cantonnée de deux lys d’or en chef et de deux crosses d’or adossées en pointe..

Blason de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

Blason de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.


2) Architecture de l'abbaye :

La basilique présentant une forme d'une croix patriarcale comprend deux transepts, un déambulatoire avec absidioles en nombre pair et trois nefs précédées d'une tour-porche.

Plan de l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire.

Plan de l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire.


Elévation de l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire.

Elévation de l'église abbatiale de Saint-Benoît-sur-Loire.

L'ensemble de l'église abbatiale mesure près de cent-douze mètres de long.

Sept travées séparent la nef centrale (avec croisée d'ogives) des collatéraux voûtés d'arêtes, en supportant à vingt mètres de hauteur, sur leurs colonnes aux chapiteaux feuillages ou historiés, les voûtes à nervures dont elle a été recouverte, et qui contrastent avec celles du grand transept et du choeur qui sont en berceaux. Le choeur, de style Roman est terminé par une abside en cul-de-four.

La Tour-porche :

La tour-porche, comprenant le narthex, est très caractéristique de l'abbaye. Elle a été construite sur un plan presque carré avec des belles pierres dorées du Nivernais.

C'est certainement, le premier édifice construit à partir de 1030, après l'incendie de 1026, à l'initiative de l'Abbé Gauzlin.

Située à l'ouest de l'abbatiale, elle comporte trois rangées de quatre colonnes sur un rez-de-chaussée et un étage, le premier faisant 6,60 mètres de haut, le second près de 10 mètres.

La Tour-Porche.

La Tour-Porche.


Les cinquante-quatre chapiteaux de la Tour-porche sont remarquables par la qualité et le détail des sculptures. Au rez-de-chaussée dominent des chapiteaux en feuilles d'acanthe (Ordre corinthien) et en palmettes : Leur sculpteur, Umbertus, connu par l'inscription "Umbertus me fecit" gravé sur un chapiteau, s'est manifestement inspiré de la tradition d'oueuvres gallo-romaines locales.

Les autres chapiteaux figurent des épisodes Bibliques (Vie du Christ, Vie de la Vierge Marie, vie de Saint Martin et scènes de l'Apocalypse), mais aussi des scènes champêtres ou de la vie quotidienne.

Même dans les chapiteaux historiés, l’épannelage emprunté au corinthien demeure sous-jacent, et, souvent, l’acanthe accompagne les personnages et sert de toile de fond aux scènes. Cette association du végétal et du cadre Corinthien avec la figure, apparaît comme l’un des traits les plus caractéristiques de l’époque romane.

Chapiteaux de Saint-Benoît-sur-Loire.

Chapiteaux de Saint-Benoît-sur-Loire.


Chapiteau de Saint-Benoît-sur-Loire.

Chapiteau de Saint-Benoît-sur-Loire (Détail).


Chapiteau aux Lions de Saint-Benoît-sur-Loire.

Chapiteau aux Lions de Saint-Benoît-sur-Loire (Détail).


Chapiteau de la fuite en Egypte.

Chapiteau de la fuite en Egypte (Détail).

Le Portail et son Tympan :

Le portail est situé au nord de l'édifice et comporte un tympan richement orné : Le Christ en majesté trône au milieu des quatre évangélistes, Saint Jean et Saint Matthieu le regardant et Saint Marc et Saint Luc détournant leur regard vers leur symbole respectif.

Cette disposition particulière tend à mentionner que les deux derniers apôtres n'ont pas connu directement le Christ.. Les anges et les autres apôtres forment deux arcatures.

La frise du linteau, racontant la translation des reliques de Saint Benoît à l'Abbaye de Fleury, est d'une magnifique facture.

Le Tympan de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.

Le Tympan de l'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire.


La Nef :

La nef, romane ogivale de style Roman de transition, comporte sept travées. Les arcades et les doubleaux présentent des arcs légérement brisés. La nef est décorée par des chapiteaux historiés, décrivant en particulier le mythe d'Adam et Ève ainsi que le sacrifice d'Abraham, et naturellement des scènes de la vie de Saint Benoît. La nef est couverte par des croisées d'ogives, tandis que les collatéraux présentent des voûtes d'arêtes

Des hautes fenêtres à claire-voie laissent largement pénétré la lumière du jour dans la nef.

La Nef.

La Nef.


Le Transept :

Le transept principal présente deux croisillons, qui comportent chacun deux chapelles axiales.

En sa croisée, le transept est surmonté d'une coupole sur trompes qui supporte le clocher central.

Comme le choeur et l'abside, le transept fut achevé en 1108.

Croisée du Transept.

Croisée du Transept..


Le Choeur :

Le choeur, construit de 1065 à 1108, est formé de six arcades en plein cintre au premier niveau. Un triforium consituté d'arcatures aveugles, à chapiteaux sculpté, soutient sur chaque pan, quatres fenêtres à claire voie qui éclaire magnifiquement cette partie de l'église.

Les stalles du Choeur sont mises en place en 1413.

Le Choeur et l'abside.

Le Choeur et l'abside.


Les stalles du Choeur.

Les stalles du Choeur.




Le sol est décoré d'un pavement en pierres, marbres et porphyres, multicolores et de forme géométrique. Il semble exister dès l'origine de l'abbaye et serait peut-être un vestige de l'ancienne église construite sur ce lieu (IXe siècle).

D'autres auteurs prétendent que la mosaïque du sol fut rapatrié d'Italie en 1531 par le cardinal Duprat.

Le tombeau de Philippe Ier (1052-1108), quatrième Capétien et roi de France de 1060 à 1108 est orné d'un magnifique gisant est situé dans le côté nord du choeur. Ce tombeau est sculpté en pierre d'Apremont.

Philippe Ier avait placé l'abbaye sous sa protection et l'enrichit de biens considérables. En 1103, le pape Pascal II confirme les donations royales et, quatre ans après, assiste à un concile.

Le Tombeau de Philippe Ier.

Le Tombeau de Philippe Ier.


L' Abside :

L'abside romane, construite entre 1060 et 1108 sous l'abbatiat de Guillaume (1067-1080), est éclairée par cinq vastes fenêtres, inhabituelles à cette époque, toujour situées au-dessus du triforium. Elle ne présete pas de chapelle axiale, mais deux chapelles rayonnantes.

L'abside est précédée d'un petit transept dont les croisilonns comportent chacun une chapelles axiale.

Un large déambulatoire, nécessaire aux procession des pélereins, entoure le coeur de l'abside et s'ouvre sur des chapelles rayonnates.

Le chevet.

Le chevet.


La Crypte :

La crypte, consacrée en 1108 présente un plan circulaire. Elle est constituée de piliers trapus, reliés par de courts arcs en plein cintre, et a conservé sa physionomie primitive.

En son centre est situé un grand pilier creux où repose la châsse des reliques de Saint Benoît. Le déambulatoire est formé de deux voûtes en plein cintre reposant sur des colonnes massives.

La Crypte.

La Crypte.


Reliques de Saint Benoit.

Reliques de Saint Benoit.


Quelques sites sur l'Abbaye de saint Benoit sur Loire :