Les Saints Sauroctones de l'Orléanais.        

Introduction :

Les Saints sauroctones (du grec saûros : "lézard" et ctonos : "tueur" ; littéralement "tueur de lézard") sont des Saints Chrétiens, qui dans les premiers siècles du Christianisme, ont chassé, tué, soumis ou dompté des dragons, guivres, vouivres, basilic et autres cocatrix.

Ces Saints, tueurs de Dragons, sont très répandus dans les légendes moyen-âgeuses, la Légende Dorée de Jacques de Voragine, et autres récits hagiographiques de notre Occident.

Certains de ces Saints sont très connus, tel l'Archange saint Michel, Saint Georges, Saint Théodore, Saint Dimiti, Saint Marcel qui fut évêque de Paris, ou bien Sainte Marthe de Tarascon. Cependant le folklore de notre pays fait état de nombreux saints locaux qui ont oeuvré dans nos campagnes.

Ce chapître du site Theudericus aura pour objet les Saints sauroctones de l'Orléanais.

Les personnages Sauroctones, dieux ou humains, ont existé bien avant le Christianisme, et ce dans toutes les civilisations Européennnes. Il suffit de rappeler qu'Héraclés, Apollon, Persée, Cadmos, Bellérophon (chez les Grecs), Arthur, Yvain, Tristan (chez les Celtes) Thor (chez les Scandinaves) ou bien Siegfried (chez les Germains) ont triomphé de monstrueux dragons.

L'Archange saint Michel combattant le Dragon de l'Apocalypse.

L'Archange saint Michel combattant le Dragon de l'Apocalypse.


Les extraordinaires sauriens présents dans les récits de la Légende Dorée sont souvent décrits comme de gigantesques reptiles, blasphématoires, armés de deux pattes monstrueusement griffues, généralement pourvues de deux ailes membraneuses de chiroptère, possédant une longue queue serpentine redoutable. Ces lézards géants exhalant une haleine fétide et pestilentielle, agrémentée de flammes infernales.

Quant à leur habitat, ces monstres ont une prédilection pour des environnements aquatiques tels que fleuves, rivières, lacs, marais, marécages ou étangs.

Il est donc naturel que la Loire, fleuve sauvage s'il en est, la Forêt d'Orléans et la Sologne, abritant de nombreux lacs et étangs aient été le repaire de nombreux dragons.

Dessins de Dragons

Dessins de Dragons.




Les Saints sauroctones de l'Orléanais :

La liste des Saints saurochtones Ligériens est assez fournie. Ces Saints sont, comparés à ceux de l'ensemble de la France, non seulement très nombreux, mais également très représentatifs :



Il est à noter que la concentration de ces Dragons est importante dans le Val d'Orléans, qui s'étend en amont et en aval de la cité Johannique, de la ville de Jargeau à celle de Meung-sur-Loire. Il est curieux de constater que deux des trois saints qui faisaient entrendre leur voix à la Pucelle, d'Orléans, à savoir l'Archange Saint Michel et Sainte Marguerite d'Antioche étaient des Saints sauroctones.

Saint Béat de Vendôme :

Saint Béat, ou Bié, ou Bienheuré (du latin. Beatus) est un ermite du VIe ou VIIe siècle

Habile avec ses mains, saint Béat fabriquait des paniers de joncs pour subvenir à ses besoins. Il prêchait la Parole de Dieu et implantait ainsi la Foi Chrétienne dans de nombreuses régions Ligériennes : Région Nantaise, Vendômois, Blésois, Orléanais.

Vers la fin de sa vie, fatigué de cette vie itinérante, il demanda à des bateliers s'ils connaissainet un endroit retiré où trouver sa retraite. Les marins lui parlèrent de Vendôme sur le Loir, où il existait une caverne creusée sur les flancs d'une montagne et couvertes d'épaisses broussailles.

Le seul petit problème est que dans cette caverne vivait un Dragon monstrueux qui terrorisait la région Vendômoise.

Selon la légende cette bête était si énorme et si grande que lorsqu'elle allait à la rivière, distante de quarante à cinquante toises (soit environ quatre-vingt mètres), sa queue était encore dans la caverne. Les récits locaux racontaient même qu'en buvant, le Dragon asséchait le Loir. Cet effroyable saurien aurait aussi formé avec son corps les replis et les détours du rocher où se trouvait la grotte.

Saint Béat terrassant le Dragon de Vendôme.

Saint Béat terrassant le Dragon de Vendôme.




Saint Béat ne s'en laissa pas conté, offrit, en paiement de son voyage en gabare, son livre de prières. Arrivé dans le Vendômois, Saint Béat jeûna et pria plusieurs jours avant d'affronter l'animal maléfique.

Arrivé devant la caverne, il s'embusqua à l'entrée du repaire du monstre et d'un coup de son bâton de pèlerin, il écrasa la tête du Dragon, au moment où le monstre sortait de son antre. selon une autre version, Saint Béat aurait étranglé le monstre à l'aide de son chapelet.


Saint Dié de Saint-Dyé-sur-Loire :

Saint-Dié ou Dyé (originellement Deodatus) est un personnage du VIème siècle. Avec son compagnon Baudemire, Deodatus quitte leur couvent de Chabris-sur-Cher pour vivre en ermitage sur la rive sud de la Loire à quelques kilomètres en amont de la ville de Blois.

Le nom de Deodatus en Latin, devint Déodat en Roman, puis Dieudonné en Français et enfin Dié ou Dyé par contraction.

Sant Dié, ascète comtemplatif mais cependant missionnaire, fut bientôt renommé pour sa manière de vivre et sa sainteté. Il était aussi connu pour son don a soigner les maladies des yeux. Son anneau était renommé pour cette propriété. Grâce à son aura et son prestige, Saint Dié recevait pauvres et puissants. Clovis vint lui demander conseil et son fils Childebert s'agenouilla devant le saint ermite.

Entre autres miracles, l'anachorète débarrassa la région du Blésois d'un Dragon qui hantait les rives de la Loire. Le blason de la ville, dont le blasonnement est "D'or au dragon de sinople foudroyé par un éclair de gueules mouvant de l'angle dextre du chef, à la filière d'azur." laisserait supposer que le saint terrassa le dragon en lui envoyant le "feu du ciel".

Blason de saint Dyé-sur-Loire.

Blason de saint Dyé-sur-Loire.


Bientôt Saint Dié réunit quelques disciples, fonda le village de Saint-Dyé-sur-Loire, et grâce à quelques fonds baillés par Clovis, put bâtir un monastère, dont Saint Dié devint naturellement l'abbé.

Après sa mort en 531, une basilique est élevée sur son tombeau. La grotte où vivait le Saint située dans le coteau bordant le fleuve, puis fut agrandie en forme de croix latine à double traverse, pour servir de lieu de culte primitif. Cette cavité était à certainement l'origine l'antre du Dragon. Cette grotte est localisée au pied des fondations de l'église actuelle de Saint-Dyé-sur-Loire et renferme le tombeau de saint-Dyé.

Vers 860 les Normands ravagent la région et une église est reconstruite sous le règne de Charles-le-Chauve.



Saint-Dye terrassant le Dragon du Blésois

Saint-Dye terrassant le Dragon du Blésois.






Saint Mesmin de La-Chapelle-Saint-Mesmin près d'Orléans :

Au VIeme siècle, Saint Mesmin, qui établit un monastère à Micy, de l'autre côté de la Loire, y combattit un dragon à Béraire (premier nom de la bourgade), donnant son nom à ce lieu.

L'Histoire dit que Vers la fin du Vème siècle, le Roi Clovis s'attacha les services dun certain Euspice Archiprêtre de la ville de Verdun et de son neveu Mesmin. Au tournant du siècle, Euspice et son neveu se retirent dans l'Orléanais, dans la la presqu’île de Micy située, près d'Orléans, entre la Loire et le Loiret.

Or un dragon terrifiant, qui frayait sur la rive nord, en face de la presqu'île terrifiait toute la région. Ce monstre habitait une grotte creusée dans le coteau. Mesmin traversa alors la Loire, armé d’un tison enflammé et le terrassa le saurien géant.

Une église fut batie sur la grotte du monstre et Mesmin fut sanctifié, certainement à cause de son exploit.

La Grotte du Dragon située sous la Crypte de l'Eglise La-Chapelle-Saint-Mesmin

La Grotte du Dragon située sous la Crypte de l'Eglise La-Chapelle-Saint-Mesmin.


Certains auteurs ont imaginé quant à la translation de la grotte du Dragin, un remplacement d'un culte Chtonien, par le culte Chrétien.



Saint Lyphard de Meung-sur-Loire :

Saint Lyphard (ou Liphard) , né à Orléans vers 477, fait partie de la noblesse Mérovingienne. Erudit, il est bientôt nommé juge et gouverneur à Orléans.

En 520, Lyphard renonce à ses hautes charges juridiques, est se retire dans la solitude dans la région de Magdunum, (Meung), le Grand Tertre en Celte près de la fontaine qui porte actuellement son nom.

Celui-ci, loin d'être un anachorète comtemplatif entreprend de nombreux travaux : asséchant les marécages et défrichant les bois. Bientôt la population de la région se regroupe autour de son ermitage, aidant Saint Lyphard dans son labeur.

La légende dit que Saint Lyphard dut combattre un effroyable Dragon qui vivait dans les marécages de Magdudun. Saint Lyphard tua se dragon en l'empalant. Depuis ce jour, ce saint sauroctone est invoqué contre les serpents.

A sa mort en 565 , ses compagnons érigent une chapelle qui contiendra ses reliques puis un monastère pour réunir une petite communauté guidée et protégée par l'évêque d'Orléans. Les moines, continuant le travail commencé par le Saint, participent activement au défrichement et à la mise en valeur des marécages des Mauves, par l'établissement des premiers moulins, et à la mise en plant de la culture de la vigne.



Saint Lyphard et le Dragon deMeung-sur-Loire

Saint Lyphard et le Dragon deMeung-sur-Loire




Saint Véran de Jargeau :

Saint Véran est un saint de l'Église Catholique et de l'Eglise Orthodoxe. Originaire de Barjac, ou de Lanuéjols en Gévaudan, il fut évêque de Cavaillon au VIe siècle. Il est aussi connu sous le nom de Vrain ou Wrain, francisation de Veranus ou Uranus.

Décédé en 589, et fêté le 19 Octobre, Saint Véran est le Saint Patron des Vignerons de l'Orléanais et de la Fontaine-de-Vaucluse. Ses attributs sont une grappe de vigne mais aussi la Couloubre, Dragon qu'il foule aux pieds.

Saint Véran en tant que Saint Patron des Vignerons de l'Orléanais, est à rapproché de Saint Verny, Saint Patron des vignerons Auvergnats et de Saint Vincent (Vin-Sang).

Saint Véran est particulirement vénéré à Cavaillon, dans le diocèse de Mende, mais aussi dans l'Orléanais à Jargeau et Donnery. Il est partulièrement vénéré dans le Gergeolien et le Donnerysien pour avoir chassé de la région un dragon abominable, blasphématoire, méphétique et pestilentiel appelé le "Gargolium."

Les rares faits connus de son existence suffisent pourtant à dresser un rapide portrait. Contemporain de Grégoire de Tours, il fut ordonné prêtre en 540. Le roi Sigebert Ier le choisit en 568 comme évêque de Cavaillon, ainsi que nous l'apprend le "Manuscrit d'Orléans".

Saint Véran qui reçut de grands dons, surtout pour soulager les malades. (martyrologe romain) Il était connu de saint Grégoire de Tours qui l'a visité et a écrit de lui: "Ce pontife était pourvu de grandes vertus en sorte que, souvent, avec la grâce de Dieu, il guérissait les malades par un signe de croix".

Saint Véran siégea au second concile de Mâcon en 585 avec seize évêques provençaux.

Saint Véran serait mort un 13 novembre vers l'an 590 dans la ville d Arles où il s'était rendu pour un Concile. Il fut inhumé dans l'église de Fontaine-de-Vaucluse qui possède son sarcophage mérovingien.

Ses miracles :

C'est à Fontaine-de-Vaucluse que Saint Véran fit son plus célèbre miracle en débarrassant la Sorgue d'un horrible Drac ou Dragon que l'on nomme encore Couloubre.

Selon la légende, il chassa cette immonde bête dans les Alpes où elle s'en fut mourir. Le village de Saint-Véran aurait été son lieu de chute. Il est à signaler qu'en remontant le sentier qui mène vers la source, on croise encore le "Traou dou Couloubre".



La Couloubre terrassée par Saint Véran.

La Couloubre terrassée par Saint Véran.


Ses reliques :

Pétrarque nous apprend que Saint Véran fut enterré à Vallis Clausa dans un temple petit, mais orné et solide que Véran avait consacré à la Sainte Vierge. Détruit pendant les Grandes invasions, il fut remplacé en 979 par le prieuré Notre-Dame et Saint-Véran dont l'actuelle église paroissiale de Fontaine-de-Vaucluse marque l'emplacement.

Au début du XIe siècle, certains auteurs disent en l'an mil, une grande partie de ses reliques fut transportée dans l'Orléanais où, sous le nom de Saint Vrain, il devint patron du chapitre de l'église collégiale de Jargeau, au diocèse d'Orléans.

Les reliques de saint Véran furent tout d'abord déposées dans un hameau appelé "La Fontaine Saint-Vrain" situé à une vingtaine de kilomètres à l'Est d'Orléans, puis dans l'église de Jargeau. Les Gergoliens en reçurent "le chef, un bras et quelques menus morceaux". Une partie de ces reliques furent également translatées en l'église de Donnery, village situé au nord de Jargeau.

Ces translations ayant eut lieu les 19, 20 et 21 Octobre, c'est le 19 Octobre qui fut retenue pour la Fête du Saint.

En mémoire de la translation des reliques de Saint Véran, en 1154, l’évêque Manassès de Garlande institue dans la ville de Jargeau, les 19, 20 et 21 Octobre, la "Foire aux Châts" c'est à dire la "Foire aux Châtaignes", à cause des du fruit automnal qui se vendait et se consommait en cette occasion de fête.

Une autre légende dorée précise que Saint Véran lui-même (à moins que ce ne soit la procession de ses reliques) aurait également chassé un dragon de la ville de Jargeau, imitant ainsi les nombreux saints sauroctones qui débarrassaient la Loire Orléanaise des monstres aquatiques diaboliques tels Saint Mesmin qui chassa le Dragon de la ville de Saint-Mesmin, Saint Lyphard qui triompha du Dragon de Meung-sur-Loire ou Saint Dié qui tua la Vouivre de Saint-Dyé-sur-Loire.

I est intéressant de noter que le nom latinisé de Saint Véran, Veranus peut être rapproché du nom de Varanus qui désigne une race de lézards géants : les Varans. Le mot de Varan est une latinisation du mot Egyptien waran qui signifie "avertisseur".

En effet, d'après une croyance populaire, les Varans du Nil avertissaient les Egyptiens de la présence de crocodiles. Toujours cette constante des monstres aquatiques et fluviaux.

Saint Véran chassa de la ville de Jargeau et des environs, un effroyable monstre aquatique appelé le Gargolium, ou Jargolium terme rappelant le vocable Gargouille.

Le terme de Gargolium renvoit à la sonorité GRG qui rappelle d'autres dragons aquatiques tels la Gargouille, dragon de la forêt de Vouvray, la Grand’Goule, dragon sorti jadis en procession dans les rues de Poitiers, mais aussi le Graoully-Grawelin de Metz dompté par saint Clément.

Le vocable GRG rappelle également Gargantua ("Le peuple du Géant de la Pierre" ou "Le peuple de la Pierre Géante" ainsi que les noms de ses pères et mère de celui-ci, Grandgousier et Gargamelle. GRG comporte bien évidemment l’idée d’avaler.

Le Gargolium hantait les rives de Jargeau, de Saint-Denis-de-Jargeau, et les étangs de la région de Donnery.

On peut rapprocher également Saint Georges, du nom de la ville de Gergeau ou Jargeau, qui à l'image de Saint Véran est également un Saint pourfendeur de Dragons.

Saint Véran terrassant le <i>Gargolium</i> de Jargeau

Saint Véran terrassant le Gargolium de Jargeau.


Au XVe siècle, on s'avisa que les restes de l'illustre prélat serait mieux au coeur de son diocèse et, en 1311, Pons Augier de Lagnes, évêque de Cavaillon, fit transporter ses dernières reliques de Vaucluse à Cavaillon et les fit inhumer en la cathédrale. Au moment où elles allaient traverser la Sorgue, ô miracle, ses eaux s'ouvrirent pour laisser passer le cortège.

Les Dragons : Mythe ou Réalité ?

Pendant de nombreux sièles, les Dragons et autres sauriens mosntrueux ont été considérés comme des animaux fantastiques mais réels pour les érudits de ces temps anciens.

Ces Dragons ont été décrits dans le nombreux ouvrages religieux et scientifiques. ceux-ci feraient partie des Lacertiliens ou Sauriens, sous-odre des Reptiles.

Le mot Dragon, vient du Latin "Draco, provenant lui-même du Grec "Drakeîn" signifiant ""voir clair"". Ce terme désignait les serpents et les Dragons. Comme nous l'avons mentionné au début de cet article, Le dragon est décrit comme un reptile de taille extaordinaire, bipède et ailé, possédant une queue serpentiforme. Celui-ci habite généralement sans des marais et est décrit comme an Grèce Antique, comme protecteur de trésorset en Europe Médièvale, comme ravisseur de vierges et de princesses.

L'Antiquité :



Une des premières représentations de ces animaux fabuleux est celle de la fameuse porte d'Ishtar de Babylone. Cette porte est une des huit portes monumentales de la cité de Babylone, construite en -580 (Empire néo-babylonien) sous le règne du roi Nabuchodonosor II.

Ce monstre possède un corps écailleux prolongé d'un long coup et d'une tête de serpent. Cette tête serpentiforme présente une langue bifide, ainsi qu'une (ou deux) cornes recourbées. La queue est elle-même un serpent. Les pattes antérieures sont celles d'un lion, tandis que les membres postérieures sont pourvue de serres d'aigle. A noter que ce dragon, contrairement aux dragons Européens, est un saurien quadrupède, et non bipède, mais aussi aptère.

Le Dragon de la Porte d'Ishtar à Babylone.

Le Dragon de la Porte d'Ishtar à Babylone.


Ce dragon était appelé "Mušhuššu". Son nom viendrait du Sumérien, est signifierait "Dragon Rouge" (ou "Dragon Furieux"). Ce dragon personnifie, en fait, plusieurs divinités. A l'origine, il était le symbole du dieu Ninazu qui était vénéré à Eshnunna, puis adoré à Tishpak, et qui devint le dieu principal d'Eshunna au début du IIe millénaire av. J.-C..

Après la prise de ce royaume par Babylone, Le dragon-serpent "Mušhuššu" devint l'attibut du dieu Babylonien Marduk, alors dieu tutélaire de Babylone qui deviendra ensuite la principale divinité de la Mésopotamie.

La relation entre la Mésopotamie et le Monde Juif se fit esstiellement par l'Exode à Babylone et le Retour vers la terre Promise. Aussi n'est il pas étonnant de retouver dans la Bible, des être aquatiques monstrueux tels le Léviathan (Livre de Job (3:8 et 40:25 et 41:1)., et le Béhemoth (Livre de Job (40:15-24)). Pour plus de détail voir le chapître Theudericus sur les serpents de Mer..

Dans le Monde Chrétien, le Dragon est bien présent et est même une des figures principale du Livre de l'Apocalypse. Voci un extrait de ce Livre de la Bible (Chapitre 12 ; v 1-17 Chapitre 13 v1) qui décrit ce Dragon :

Un autre signe parut encore dans le ciel; et voici, c'était un grand dragon rouge, ayant sept têtes et dix cornes, et sur ses têtes sept diadèmes. Sa queue entraînait le tiers des étoiles du ciel, et les jetait sur la terre. Le dragon se tint devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, lorsqu'elle aurait enfanté. (......)

Et il y eut guerre dans le ciel. Michel et ses anges combattirent contre le dragon. Et le dragon et ses anges combattirent, mais ils ne furent pas les plus forts, et leur place ne fut plus trouvée dans le ciel. Et il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre, il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. (........)

Malheur à la terre et à la mer! car le diable est descendu vers vous, animé d'une grande colère, sachant qu'il a peu de temps. Quand le dragon vit qu'il avait été précipité sur la terre, il poursuivit la femme qui avait enfanté l'enfant mâle. Et les deux ailes du grand aigle furent données à la femme, afin qu'elle s'envolât au désert, vers son lieu, où elle est nourrie un temps, des temps, et la moitié d'un temps, loin de la face du serpent.

Et, de sa bouche, le serpent lança de l'eau comme un fleuve derrière la femme, afin de l'entraîner par le fleuve. Et la terre secourut la femme, et la terre ouvrit sa bouche et engloutit le fleuve que le dragon avait lancé de sa bouche. Et le dragon fut irrité contre la femme, et il s'en alla faire la guerre au reste de sa postérité, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui ont le témoignage de Jésus. Et il se tint sur le sable de la mer.


Apocalypse : Le Dragon transmet le Pouvoir à la Bête.
Apocalypse : Le Dragon transmet le Pouvoir à la Bête.


Le Dragon Rouge dont la queue balaie le tiers des étoiles du ciel, correspond à la constellation du Scorpion avec son étoire rouge principale : Antarès, tandis que la Sainte Vierge Marie est représentée dans le Zodiaque par la Constellation de la vierge.



Le Moyen-Age Occidental :

Dans l'iconographie médiévale, le Dragon est très présent dans les descriptions animalières. Nous devrions plutôt préciser les Dragons, car plusieurs espèces différentes de Dragons sont décrites et représentées, telles le "Drago Alatus Apex", le "Draco Bipes Apteros" ou bien le "Draco Aethiopicus".

Pour la Chrétienté, le Dragon c'est tout d'abord le Dragon de l'Apocalypse, mais aussi celui du Jardin placé en Eden. En fait, la représentation physique du Dragon correspond aux textes Bibliques qui relatent la présence de ces monstrueux sauriens : Le Dragon du Jardin d'Eden, celui de l'Apocalypse, mais aussi le Léviathan du livre de Job furent des archétypes de la monstrueuse gente Saurienne.

Livre de Job : Le Léviathan.
Livre de Job : Le Léviathan.




Le Dragon c'est le Serpent du Paradis terrestre d'avant la faute Originelle. Celui-ci pritivement (ce qui sera un des attributs majeurs du Dragon) est pourvue d'une paire d'ailes. Après la Faute, Dieu lui retirera ses ailes et supprimera ses deux pattes pour en faire un véritable Serpent. : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tous les animaux et les bêtes des champs. Sur ton ventre tu ramperas, et la poussière mangeras tous les jours de ta vie.

Une autre caractéristique du Dragon est sa capacité à cracher du feu. Cette particularité se comprend suite à la lecture du Livre de Job XLI 11-13 décrivant ainsi le Léviathan : "Des flammes jaillissent de sa gueule, il s'en échappe des étincelles de feu. Une fumée sort de ses narines, comme d'une chaudière ardente et bouillante. Son souffle allume les charbons, de sa bouche s'élance la flamme."

Dessins de Dragons             Dessins de Dragons


Dans l'iconographie médiévale, le Dragon est également fréquemment mentionné et décrit dans les ouvrages Alchimiques. Celui-ci est la desciption allégorique de la matière originelle du Grand Oeuvre Alchimique à savoir la "Prima Materia", décrite comme une matière chtonienne, commune, vile et puante. Ce tout premier état de la Pierr Philosophale représenté par un Dragon, se transformera plus tard en un autre animal fantastique : Le Griffon symbole de la fusion de la part fixe et volatile du composant Alchimique.

Hic est Draco caudam suam devorans (Atalanta Fugiens)
Hic est Draco caudam suam devorans (Atalanta Fugiens)


Le Dragon à l'image du Griffon ou de la Chimère a été un sujet de prédilection pour les sculpteurs du Moyen-Age. Ceux-ci sont très souvent représentés sur les tympans et les chapiteaux de nombreuse Eglises Romanes.

Deux Dragons affrontés (Sculpture Romane).
Deux Dragons affrontés (Sculpture Romane).


Le Dragon n'est cependant pas l'apanage du Christianisme Moyen-Ageux, d'autres civilisations Occidentales considéraient ces monstres commes des animaux réels. Ainsi, le peuples Scandinaves ornaient la proue de leur navires, les Drakkars avec des têtes de Dragons, pour pouvoir éloigner ces créatures de leurs embarcations. Les Vikings, grands navigateurs sur l'Océan, ne pouvaient confondre ces créatues avec des cétacés, tels baleines et cachalots, voire avec les Krakens ou Calmars Géants.

Figure de proue de Drakkar.
Figure de proue de Drakkar..


Il est cependant difficile de déterminer si ces figures de proue avaient pour but de conjurer l'apparition de Dragons ou bien celle d'autres créature marines, tels les Serpents de Mer.

Dans l'iconographie Chétienne, le Dragon est aussi représenté dans le calice de Saint-Jean-L'Evangeliste. Daprès la Légende Dorée" de Jacque de Voragine (1228-1298), Saint Jean aurait été contraint de boire une coupe emplie de venin, condamné par le grand prêtre du temple d’Artémis à Éphèse. Après avoir, béni cette coupe, saint Jean voit le venin sortir de la coupe sous sous la forme d’un dragon noir. Le breuvage, devenu inoffensif est bu par le Saint, qui est dès lors vénéré par les adorateurs d'Artémis.

Le Dragon de Saint Jean L'Evangeliste.
Le Dragon de Saint Jean L'Evangeliste.




Mythe ou Réalité ?

L'explication la plus rationnelle, et donc, la plus partagée par les historiens est que les Dragons sont des créatures mythiques, et donc que les exploits de ces héros païenss et de ces Saints sauroctones symbolisent la victoire de la Civlisation sur les menaces naturelles (inondations, épidémies ...) ou le triomphe du Christianisme, sur les anciennes croyances païennes.

Cependant des explications plus naturalistes doivent être également étudiées.....

Se pourrait-il que nous puissions rapprocher les Dragons, des autres créatures lacustres, tel que le Monstre du Loch Ness, la créature du Lac Champlain dans le Vermont, le Ogopogo qui vivrait ou aurait vécu dans le lac Okanagan en Colombie Britannique (Canada) ou le Memphré qui vivrait dans les eaux troubles du lac Memphrémagog, au Québec.

Ces créatures auraient pu vivre dans les marais et rivières d'Europe de l'Ouest jusqu'à une époque récente. La description de ces sauriens auraient puisé quelques éléments dans les textes Bibliques (Cf Supra). Il est à noter que les Dragons ne sont pas des êtres "chimériques" c'est-à-dire qu'ils ne se présentent pas comme un agrégation de plusieur animaux distincts (comme le Griffon) , et qu'ils ne présentent pas non non d'aberrations, comme ces êtres possédant six membres (tel Pégase, ou le Griffon). Ce sont donc des créatures certainement rélles et véridiques, mais que les légendes ont parer de nombreuses caratéristiques extraordinaires.

D'autres auteurs, considérant l'aspecr reptilien des Dragons, couplé avec une paire d'ailes membraneuses ont considére l'hypothèse des Ptérosaures, comme une possible solution à l'énigme posée par ces créatures fantastiques. Les deux candidats les plus susceptibles de se rapprocher du dragon sont, d'après ces auteurs le Ptérodactyle et le Ptéranodon.

L'auteur de cet article, Theudericus, est persuadé que le Dimorphodon (ou Dymorphodon) est un candidat plus crédible pour ce rôle de Saurien ailé. En effet, la morphologie du Dimorphodonn, dont le nom signifie, en Grec, "deux formes de dents" et, qui est un ptérosaure du Jurassique Inférieur ou Lias (entre 200 et 175 millions d'années), est la plus ressemblante des caractéristiques des Dragons.

Dimorphodon Macronyx
Dimorphodon Macronyx


Le Dymorphon avait une longueur de un à deux 2 mètres et une envergure de un mètre cinquantà deux mètres, ce qui en fait un Dragon très respectable. De plus, de nombreux paléontologues affirment que ce ptérosaure présentait une démarche bipède tout comme nos Dragons.

Comme beaucoup de ptérosaures, Dimorphodon a longtemps été considéré comme un planeur. Cependant, des études plus récentes montrent que l’animal était en fait un assez mauvais animal volant : ses ailes sont proportionnellement courtes par rapport au corps et son squelette assez robuste, offrant très peu de potentiel pour de longs vols. Tout comme nos Dragons, Dimorphodon était plutôt un animal terrestre bipède.e glisse dans l’air.

Dimorphodon Macronyx
Dimorphodon en vol




Quelques sites externes :















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