Actualités Exoplanètes et Exobiologie : 2009

Ces actualités de l'année 2009, ne prétendent pas couvrir toute l'actualité des découvertes cosmologiques, mais ont plutôt pour but de mettre en évidence certains faits qui prouvent que l'exobiologie progresse à grand pas :-)

Découverte d'exoplanètes, mise en évidence d'eau et de méthane sur Mars, probabilité de l'apparition de la Vie sont les principaux axes de ce chapître du site Theudericus




Pourquoi l'eau extraterrestre est si importante ?

16 Novembre 2009.

Au moins 90 litres d'eau ont été découverts sur la Lune après que des chercheurs de la NASA ont fait s'écraser un satellite dans un cratère lunaire le mois dernier. «On a presque pu la goûter» a déclaré l'un des membres de la mission vendredi 13 novembre. Voici deux «explications» parues en 2006 sur Slate.com, dans lesquelles Daniel Engber revenait sur l'importance de l'eau extraterrestre.

L'eau liquide est souvent considérée comme une condition nécessaire à la vie extraterrestre. Pourquoi en sommes-nous si sûrs?

Toutes les créatures terrestres vivantes ont besoin d'eau pour survivre. Cela ne signifie pas que toute forme de vie sur d'autres planètes est forcément basée sur l'eau liquide, mais cela nous donne le meilleur indice de là où nous devons chercher. Comme l'eau marche si bien pour nous, autant concentrer notre attention sur les planètes et autres lunes qui en ont également.

Qu'est-ce qui rend l'eau si importante? D'abord, elle sert de substrat pour toutes les réactions chimiques nécessaires à la vie. Pour arriver à quelque chose d'aussi complexe que la biologie, un système permettant à une grande variété de molécules d'interagir de toutes sortes de manières est nécessaire.

L'eau, qui est une molécule polaire, c'est-à-dire qu'elle contient à la fois des charges positives et négatives, fonctionne comme un «solvant universel». Cela signifie qu'elle peut dissoudre de nombreux produits chimiques, y compris les composés organiques qui constituent la base de la vie sur Terre, et leur permet de se reformer ou de s'assembler en eux de différentes manières.










Une preuve de la présence d’eau sur une lune de Saturne :

28 Juin 2009.

Selon les scientifiques, la vie extraterrestre aurait pu évoluer sur l'une des lunes de Saturne. Ceux-ci ont trouvé la preuve que des mers s'étendent peut-être sous la surface gelée d'Encelade, la sixième plus grosse lune de la planète.

La sonde spatiale Cassini de la Nasa a découvert des « geysers » de glace et d'eau salée jaillissant des centaines de kilomètres au-dessus de la surface d'Encelade. Depuis, les scientifiques débattent pour savoir si cette boule de glace et de roche cache un réservoir d'eau liquide.

Le docteur Frank Postberg, de l'Institut Max Planck de physique nucléaire d'Heidelberg, a étudié les données du collecteur de Cassini et a découvert qu'il avait prélevé des grains de glace salée de ce geyser.

Leur présence est une véritable preuve de la présence de lacs, réservoirs ou mers salées sur Encelade. Les chercheurs souhaitent encore vérifier si ces geysers peuvent provenir d'un large réservoir souterrain ou de "simples" poches d'eau piégée sous la croûte.Jusqu'à très récemment, la plupart des astronomes avaient écarté la possibilité de l'existence de vie dans le système solaire, mais les dernières missions spatiales ont montré que des formes de vie marine auraient pu exister sur les lunes en orbite autour de Saturne ou Jupiter.

« Si cette grande quantité d'eau est en contact avec des corps rocheux et qu'il y a de la chaleur, alors les conditions sont favorables » explique le docteur Postberg. « Au sommet, nous avons mesuré une valeur de pH légèrement alcaline, ce qui est bon pour la formation de molécules organiques complexes ». Encelade est l'une des trois lunes du système solaire qui génère des éruptions de gaz et de poussières.

Avec la Terre, Mars et Europe, une lune de Jupiter, c'est l'un des seuls endroits du système solaire où les astronomes ont trouvé des traces d'eau.








Une planète de six fois la masse de Jupiter :

16 Juin 2009.

Italie - Les chercheurs de l'Institut National de Physique Nucléaire (INFN) ont repéré une nouvelle planète hors de notre galaxie d'environ 6 fois la masse de Jupiter, grâce à une méthode d'observation basée sur le phénomène de « lentille gravitationnelle ».

Les scientifiques ont utilisé une nouvelle méthode d'observation de l'espace : l'effet de microlentille gravitationnelle. Ce phénomène se produit lorsqu'une étoile distante (source) s'aligne avec un objet plus proche (lentille) qui réfléchira la lumière de la source et permettra à l'observateur d'identifier des exoplanètes qui n'émettent que peu de lumière.

L'exoplanète est visible si sa présence provoque une distorsion de la lumière émise par les objets stellaires alignés. Comme le phénomène dépend de la masse de l'objet lentille et des mouvements relatifs de l'objet et de l'étoile, les effets de lentille gravitationnelle sont brefs. De plus, l'alignement de l'étoile et de l'objet avec l'observateur sur Terre est exceptionnellement rare.

Ainsi les astronomes ne peuvent observer l'exoplanète qu'une seule fois, lorsque les conditions suffisantes sont réunies. Il est donc parfois difficile de confirmer une hypothèse d'observation.Le docteur De Paolis, un des chercheurs, est enthousiaste à l'idée de pouvoir détecter des planètes à des distances si phénoménales. Il déclare : « Ce qui est intéressant dans cette technologie est qu'elle permet de distinguer des planètes de la taille de Jupiter et même moins, dans d'autres galaxies ». « C'est une chose exceptionnelle » ajoute-t-il.








Une région de Mars façonnée par l’eau :

Mardi 2 juin 2009.

Selon les dernières découvertes de l'expédition martienne de la Nasa, Mars Exploration Rover, d'anciennes dunes de sable dissimulaient un réseau d'eau souterraine.

En 2004, le robot explorateur Opportunity a identifié des minéraux et des roches témoignant de la présence d'anciennes nappes phréatiques dans le cratère Endurance. Le robot a maintenant trouvé des indices similaires de présence d'eau dans le cratère Victoria, à 6 km de là. Opportunity a aussi repéré des couches de roches uniques sur les flancs du cratère Victoria, qui semblent être les vestiges solidifiés d'anciennes dunes de sable.

Selon le chef du projet, Steven Squyres de l'université de Cornell de l'État de New York, les découvertes confirment l'hypothèse que l'eau aurait façonné en grande partie le paysage martien. « Étant donné que nous avons observé la même chose en des lieux très éloignés les uns des autres, on peut raisonnablement penser que ce processus a touché toute une région » déclare-t-il.Il était question d'envoyer Opportunity dans le cratère Victoria depuis 2006, mais la décision n'était pas facile à prendre. En effet, les terrains escarpés menant au cratère auraient pu endommager le système de direction ou les roues du robot.

Les directeurs de la mission avaient peur qu'Opportunity ne puisse jamais ressortir du cratère.Mais cela en valait la peine puisque le robot s'est hissé hors du cratère en août dernier et se dirige vers Endeavor, un cratère plus large situé à 13,5 km. « Nous n'aurions jamais pu apprendre tout cela sans aller dans le cratère Victoria » affirme M. Squyres.








De l'eau liquide détectée à la surface de Mars :

18 Mars 2009.

La sonde Phoenix Mars Lander a passé des mois à chercher, en vain, de l'eau liquide à la surface de la planète rouge. Aujourd'hui, des photos prises par la sonde elle-même semblent montrer que c'est l'eau qui a trouvé Phoenix.

Nilton Renno, professeur à l'université du Michigan ayant collaboré à la mission Phoenix, est certain d'avoir découvert des gouttelettes d'eau sur les pieds de Phoenix, photographiées par la sonde elle-même. Si les clichés n'apportent pas de preuves indiscutables, les "taches" à l'origine de cette hypothèse semblent pourtant bien fusionner au cours de la série de photos prises par Phoenix, prouvant qu'elles sont bien des gouttes d'eau.

Des goutellettes d'eau sur les pieds de Phoenix.

Des goutellettes d'eau sur les pieds de Phoenix.

La sonde s'est pourtant posée au niveau de la calotte polaire martienne, là où les températures n'ont pas excédé les -25°C durant les six mois d'activité de la sonde, l'an dernier. Comment de l'eau pourrait-elle se maintenir à l'état liquide à cette température ?

Pour l'équipe du Pr Renno, des sels pourraient avoir abaissé le point de congélation de plusieurs dizaines de degrés.Les résultats des études menées par le Pr Renno, nuancés par le scientifique lui-même et divisant la communauté scientifique, devraient faire l'objet d'une publication prochaine dans le Journal of Geophysical Research.








La sonde Kepler s'élance de Cap Canaveral en quête d'exoplanètes.

Samedi 7 mars 2009.

La Nasa a lancé dans la nuit de vendredi à samedi la sonde d'observation Kepler, dont la mission vise à repérer dans notre secteur de la Voie lactée des planètes semblables à la Terre.

La fusée Delta II portant la sonde a décollé vendredi à 22h49 locales (03h49 GMT samedi) de Cap Canaveral, en Floride.

La sonde doit passer trois ans et demi à observer plus de 100.000 étoiles semblables à notre Soleil, autour desquelles pourraient graviter de petites planètes telluriques, comme la nôtre.

Depuis 1995, environ 300 exoplanètes ont été découvertes mais la plupart sont des géantes gazeuses où l'existence de formes de vie semble improbable. "Pour l'heure, même si nous avons découvert plus de 300 planètes hors du système solaire, nous n'avons pas découvert de Terres", a souligné Ed Weiler, administrateur à la Nasa.

La sonde Kepler aura pour tâche de détecter des planètes telluriques se trouvant dans la "zone habitable" d'une étoile, c'est-à-dire l'étroite bande où une planète n'est ni trop près de son étoile, ni trop éloignée.

"Essayer de détecter des planètes de la taille de Jupiter passant devant leurs soleils, c'est comme essayer de mesurer l'effet d'un moustique volant devant le phare d'une voiture. Découvrir des planètes de la taille de la Terre revient à tenter de détecter une toute petite puce", a comparé Jim Fanson, directeur du projet.

La sonde porte le nom de l'astronome allemand Johannes Kepler, qui vécut de 1571 à 1630 et étudia le mouvement des planètes. La Nasa a estimé le coût de ce programme à 591 millions de dollars.








Près de 40 000 planètes sont susceptibles d'héberger une vie intelligente.

7 Février 2009

37 964 ! Tel est le nombre de planètes susceptibles d'héberger une forme de vie intelligente dans notre Galaxie, selon l'astrophysicien Duncan Forgan, de l'université d'Edimbourg, en Ecosse.

"Près de 40 000 planètes sont susceptibles d'héberger une vie intelligente" M. Forgan a mis au point un programme informatique permettant de comparer les données récoltées sur les quelque 330 planètes découvertes à ce jour par l'Homme. Après avoir estimé combien d'entre elles pourraient présenter un milieu favorable à la vie, en fonction des conditions de température, de la présence d'eau, de différents minéraux...

Le scientifique a extrapolé ses résultats à l'ensemble de la Voie lactée.Trois scénarios du possible développement d'une vie extraterrestre ont été pris en compte : selon le premier ("il est difficile pour la vie de se développer mais facile d'évoluer"), au moins 361 planètes pourraient héberger une forme de vie intelligente. Le second scénario, supposant que la vie apparaît facilement mais se développe ensuite difficilement, élève ce nombre à 31 513. Enfin, le dernier scénario, envisageant la dispersion de la vie de planète en planète par des astéroïdes, mène à un total de 38 000 planètes, selon le Journal of Astrobiology.

M. Forgan pense que 300 à 400 ans s'écouleront encore avant un hypothétique contact avec une forme de vie intelligente extraterrestre et précise: "Je pense que l'évaluation chiffrant à 361 le nombre de mondes susceptibles d'héberger une telle forme de vie est le plus proche de la réalité, mais les autres scénarios ne peuvent être totalement exclus."








Découverte de la plus petite planète extra-solaire connue par le télescope spatial CoRoT.

04 Février 2009

France - Une nouvelle exoplanète vient d'être découverte par le télescope spatial CoRoT. Ce compagnon d'une étoile orangée est d'une taille à peine inférieure à deux fois celle de la Terre : des dimensions faisant d'elle la plus petite planète extra-solaire jamais découverte.

Le satellite CoRoT, mis en oeuvre par le Centre national d'études spatiales (Cnes) a permis la découverte de la plus petite exoplanète jamais caractérisée. Jusqu'à présent, la plupart des quelques 330 planètes découvertes sont des planètes géantes, analogues à Jupiter ou Neptune, constituées principalement de gaz.

Ce nouvel objet, qui a reçu le nom de CoRoT-Exo-7b, est très différent : son diamètre est près de deux fois celui de notre Terre. Avec une période de révolution de seulement 20 heures, il est situé très près de son étoile, aussi y règne-t-il une température extrêmement élevée, comprise entre 1000 et 1500 °C. Cette planète a pu être repérée par les très faibles baisses d'éclat de l'étoile à l'occasion de ses passages réguliers devant elle. Sa densité est encore mal déterminée : il peut s'agir d'un objet rocheux comme la Terre, couvert de lave liquide. Il peut aussi appartenir à une classe de planètes formées pour moitié d'eau et pour moitié de roches dites "planètes-saunas".

"Trouver une planète aussi petite n'a pas été une totale surprise", a déclaré Daniel Rouan, chercheur à 'Observatoire de Paris. "CoRoT-Exo-7b est un objet qui appartient à une catégorie dont l'existence était soupçonnée depuis quelques temps. Or CoRoT a été conçu précisément avec l'espoir d'en détecter quelques exemplaires. CoRoT a démontré sa capacité à détecter ces variations de lumière, extrêmement subtiles" ajoute-t-il.

Il y a maintenant une quinzaine d'années que les astronomes détectent des planètes en orbite autour d'autres étoiles que notre Soleil. Mais on en connaît encore très peu ayant une masse de l'ordre de celle de la Terre et des autres planètes telluriques (Vénus, Mars, Mercure) car elles sont extrêmement difficiles à découvrir. "La plupart des méthodes utilisées jusqu'à présent sont sensibles à la masse de la planète, tandis que CoRoT est sensible à sa surface, ce qui est plus favorable" expliquent Roi Alonso et Magali Deleuil, chercheurs au Laboratoire d'astrophysique de Marseille (LAM).

La structure interne de CoRoT-Exo-7b intrigue particulièrement les scientifiques : "C'est une question qui assionne la communauté depuis quelques années : y a-t-il aussi des "planètes-océans" ? Ce serait des objets composés pour moitié de glace dès leur formation et qui auraient dérivé vers leur étoile, la glace fondant alors pour donner une enveloppe fluide" précise Alain Léger de l'Institut aéronautique et spatial.

Jean Schneider, chercheur au Laboratoire univers et théorie à l'Observatoire de Paris, explique toute l'importance de ce nouvel objet pour les chasseurs de planètes : "Des mesures récentes indiquaient que des planètes de petite masse existaient, mais leur taille n'avait jamais été calculée. C'est maintenant chose faite".

Eike Guenther, de l'Observatoire de Tautenburg, souligne que "ce programme a bénéficié d'un très gros effort de mesures complémentaires depuis le sol : de nombreux télescopes européens et instruments ont été mis à contribution pour chercher quel phénomène autre qu'une petite planète pourrait expliquer les mesures de CoRoT".





La planète Corot-Exo-3b de la taille de Jupiter.









De la glace très pure découverte sous la calotte polaire martienne.

24 Janvier 2009

Une équipe internationale d'astrophysiciens a utilisé les données récoltées grâce au radar de la sonde de la Nasa Mars Reconnaissance Orbiter pour confirmer la présence d'eau sur Mars, en grande quantité et sous forme de glace. Son travail a également permis de découvrir que cette eau présentait un très haut degré de pureté (95 %).

Les calottes polaires martiennes constituent les plus grands réservoirs d'eau en surface de la Planète rouge, avec un volume total estimé entre 2 et 3 millions de kilomètres cubes. Les propriétés physiques de cette glace ainsi que leurs variations spatiales sont en grande partie inconnues.Dirigée par des chercheurs du laboratoire de planétologie de Grenoble, l'équipe ayant réalisé cette découverte espère aujourd'hui exploiter ces résultats pour développer une étude comparée des calottes martiennes et terrestres.

C'est grâce au radar de subsurface Sharad équipant la sonde spatiale Mars Reconnaissance Orbiter que 140 000 points de mesures ont pu être acquis et analysés. Concentrés dans la région de Gemina Lingula, représentant le quart de la surface totale de la calotte polaire nord, ils ont permis d'obtenir des cartes rendant compte des propriétés du volume de glace présent.

Les résultats de cette nouvelle étude confirment l'abondance de la glace sur Mars et le rôle majeur qu'elle a joué dans l'évolution de la planète. Pure à plus de 95 %, cette glace devrait permettre, après analyse des impuretés qu'elle contient, de retracer l'évolution du climat martien. D'autre part, les glaces trouvées sur Mars et sur Terre présentent la même structure cristalline mais se sont formées dans des conditions de température et de pression très différentes : leur analyse comparée pourrait donc également permettre d'améliorer les connaissances scientifiques relatives à l'évolution des deux planètes.Ces travaux sont publiés dans la revue Geophysical Research Letters.








Du méthane sur Mars : Encore une découverte majeure en perspective.

22 Janvier 2009

Si elle est confirmée, c'est une découverte majeure, aux répercutions considérables : le spectromètre PFS de la sonde européenne Mars Express, qui s'est placée en orbite fin 2003, aurait détecté des traces de méthane, un gaz d'origine biogénique, dans l'atmosphère martienne.

Le méthane est un gaz instable dans les atmosphères planétaires comme celle de la Terre ou de Mars. Sur Terre, il disparaît en une dizaine d'années par réaction photochimique. Or, l'atmosphère terrestres contient environ 700 ppb (parties par milliard) de méthane (si l'on ne tient pas compte de l'augmentation liée aux activités humaines). Si l'on observe en permanence du méthane dans l'atmosphère terrestre, c'est qu'un m écanisme n'arrête pas de le régénérer. Sur notre planète, ce sont les êtres vivants eux-mêmes qui sont responsables de l'émission continuelle de méthane dans l'atmosphère (principalement les bactéries vivant dans la panse des ruminants et au fond des marais). Le méthane est donc un formidable marqueur de l'activité biologique, même s'il peut également être produit de façon abiogénique par des volcans.

On comprend donc que la détection de méthane dans l'atmosphère martienne nourrisse les rêves de nombreux exobiologiques depuis des décennies. Le petit atterrisseur britannique Beagle 2, qui a disparu lors de son atterrissage le 25 décembre 2003, devait renifler l'atmosphère de Mars pour y déceler du méthane. L'un des quatre finalistes du projet Scout, l'orbiteur Marvel, avait lui aussi pour objectif la recherche de méthane dans l'air martien. Contre tout attente, et face à la machine de guerre de la NASA, il semble que le bénéfice de cette découverte soit sur le point de revenir à la sonde Mars Express.

Le spectromètre infrarouge PFS embarqué sur l'orbiteur européen aurait en effet détecté la raie d'absorption du méthane, qui se situe dans l'infrarouge à 3,3 microns. Sa concentration serait très faible (10,5 parties par milliard), mais le gaz serait bel et bien présent dans l'atmosphère martienne. Le résultat du PFS semble confirmé par les travaux de plusieurs équipes, qui ont identifié avec succès la raie d'absorption caractéristique du méthane dans l'atmosphère martienne au moyen de puissants télescopes terrestres basés à Hawaii ou au Chili.

Comment expliquer la présence de méthane dans l'atmosphère de Mars, alors que ce gaz possède là bas une durée de vie de 440 années, si aucun processus ne vient le remplacer ? L'explication la plus prudente serait de considérer que ce méthane est actuellement craché par la bouche d'un volcan. Cependant, aucun édifice volcanique n'est en activité sur Mars, et les instruments TES et THEMIS, respectivement embarqué sur les sondes Mars Global Surveyor et Mars Odyssey, n'ont décelé aucune anomalie thermique pouvant témoigner d'une éruption ou d'une coulée de lave.

La seconde hypothèse est bien plus fascinante, et pourrait bien bouleverser à jamais notre vision de l'Univers : le méthane serait rejeté par des petites populations de bactéries méthanogènes actuellement vivantes, et pelotonnées dans des fractures de la croûte. La plus grande concentration en méthane a d'ailleurs été mesurée par les télescopes au sol au niveau de la ceinture équatoriale martienne, précisément à l'aplomb des régions ou la sonde Mars Odyssey a découvert de grandes quantités de glace dans le premier mètre du sol. Il est donc possible d'imaginer qu'en été, les températures soient suffisantes à l'équateur pour provoquer l'apparition sporadique d'eau liquide, qui permettrait alors le développement d'organismes méthanogènes. Ces derniers obtiendraient de l'énergie en combinant de l'hydrogène avec le dioxyde de carbone présent dans l'atmosphère martienne, la réaction donnant naissance à un déchet gazeux, le méthane.

Il est également possible d'envisager que le méthane provienne d'un réservoir formé dans un passé lointain, et qui dégazerait de temps à autre. Ce réservoir pourrait par exemple prendre la forme de poches de gaz. En piégeant dans son réseau cristallin un grand nombre de molécules de méthane, la glace peut également former des clathrates, qui pourraient abonder dans les calottes polaires martiennes. Dans les deux cas, le méthane actuellement détecté dans l'atmosphère martienne ne serait donc pas émis par des microorganismes vivants, mais proviendrait de la fuite d'un gisement de méthane mis en place dans le passé, et dont 'origine pourrait aussi bien être géologique que biologique.

Si elle se confirme, la découverte de Mars Express est sensationnelle, plus encore que celle du rover Opportunity, qui a observé des preuves attestant de l'existence d'une ancienne mer salée au niveau de la région équatoriale de Terra Meridiani. Avec l'accélération des missions robotiques et la mise au point d'instruments toujours plus performants, Mars dévoile peu à peu ses secrets. La cartographie prochaine du cratère Endurance par Opportunity, le déploiement du radar de Mars Express début avril, ainsi que les données collectées par les autres instruments de cette sonde pourraient bien constituer un tournant décisif dans l'exploration martienne.

Même si la planète rouge a sans doute encore plus d'un tour dans son sac, il est donc tout à fait possible qu'elle consente enfin à nous livrer dans les années à venir la réponse à la question qui taraude l'humanité depuis la nuit des temps. Celle de savoir si la vie est une étincelle unique, ou si au contraire elle a des chances de flamboyer dans tout l'Univers...








La présence de méthane sur Mars soulève l'hypothèse d'une vie en sous-sol.



Vendredi 16 janvier 2009

Des émissions saisonnières de méthane ont été détectées sur Mars, signe d'activité géologique ou biologique dans le sous-sol, selon des chercheurs américains qui ont dévoilé jeudi leur découverte, la qualifiant d'avancée dans la quête pour la vie sur la planète rouge.

"C'est exaltant, car nous avons maintenant des indices sur lesquels nous pouvons réfléchir en termes de possibilité de vie sur Mars", a déclaré l'astrogéologue Lisa Pratt, de l'Université d'Indiana à Bloomington, lors d'une conférence de presse.

"C'est une bonne idée de commencer à explorer Mars en recherchant la possibilité de l'existence de formes de vie produisant du méthane", a ajouté Mme Pratt, l'une des auteurs de l'étude publiée dans la revue Science du 16 janvier.

"Sur la Terre, les organismes vivants produisent plus de 90% du méthane présent dans l'atmosphère et les 10% restants sont d'origine géochimique. Sur Mars, le méthane pourrait être le signe de l'une ou l'autre de ces activités", expliquent les chercheurs.

Les volumes d'émission de méthane observés sur la planète rouge sont comparables à ceux des sites actifs sur la Terre, a relevé le planétologue Michael Mumma, directeur du centre d'astrobiologie du Goddard Space Flight Center de la Nasa et principal auteur de cette recherche.

"L'origine de ces émissions est un mystère", concèdent les scientifiques. "L'âge du méthane que nous avons détecté reste indéterminé et l'origine pourrait être ancienne ou récente", ajoutent-ils.

Les hypothèses d'une origine géochimique ou biologique ont toutes deux été explorées mais aucun consensus scientifique ne s'est dégagé.

"Ce méthane nous dit que la planète rouge est encore vivante, tout au moins dans le sens géologique", selon M. Mumma.

Si des micro-organismes martiens sont la source du méthane, ils se trouvent probablement très en profondeur, là où il fait suffisamment chaud pour que l'eau existe à l'état liquide, relève l'astrobiologiste.

L'eau est nécessaire à toutes les formes de vie connues, de même que des sources d'énergie et la présence de carbone.

Sur la Terre, des micro-organismes vivent entre 1,9 et 3 kilomètres de profondeur sous le bassin de Witwatersrand d'Afrique du Sud où la radioactivité naturelle brise les molécules d'eau, libérant l'oxygène et l'hydrogène, explique Michael Mumma. Ces micro-organismes utilisent l'hydrogène comme source d'énergie.

Selon lui, "il pourrait être possible que des micro-organismes similaires survivent depuis des milliards d'années sous la couche du permafrost martien où l'eau liquide, les radiations génèrant l'énergie et le CO2 (dioxyde de carbone) fournissent le carbone".

Des gaz comme le méthane, qui s'accumulent dans le sous-sol martien, pourraient s'échapper dans l'atmosphère par des fissures se formant durant les saisons chaudes.

A un moment de leur observation entamée en 2003, les chercheurs ont détecté une importante émission de 19.000 tonnes de méthane, un volume comparable aux énormes suintements de ce gaz observés dans la réserve naturelle de Coal Oil Point dans l'océan Pacifique au large de Santa Barbara en Californie (Ouest).

Ces chercheurs ont utilisé des spectromètres à infrarouges sur trois différents téléscopes au sol pour balayer environ 90% de la superficie de Mars pendant trois années martiennes, soit sept années terrestres.








Mars a pu abriter la Vie.



10 Janvier 2009

Des gisements de carbonate, constitués dans une eau neutre ou alcaline et donc en mesure d’abriter de la vie, ont été découverts à la surface de Mars par la sonde de la Nasa Mars Reconnaissance Orbiter, ont rapporté des scientifiques. Le carbonate se forme lorsque l’eau et le dioxyde de carbone se mêlent au calcium, au fer ou au magnésium. Il se dissout rapidement dans l’acide, aussi cette découverte va-t-elle à l’encontre de la théorie voulant que toute l’eau qui se serait trouvée sur Mars fut jadis acide.

Cette découverte "est très stimulante", a expliqué John Mustard, l’un des scientifiques qui ont évoqué cette découverte lors d’une réunion de l’Union géophysique américaine, à San Francisco. Sur Terre, les carbonates comme la craie ou le calcaire préservent parfois des éléments organiques, mais les scientifiques n’ont pas découvert de telles preuves sur Mars. Le carbonate, formé voici 3,6 milliards d’années, a été localisé dans un soubassement en limite d’un cratère de 1.490 km de diamètre.

Jusqu’à présent, le carbonate n’avait été découvert sur Mars que dans des proportions infinitésimales, dans des échantillons de sol prélevés par l’atterrisseur Phoenix Mars Lander. C’est la première fois que des scientifiques découvrent un site où le carbonate s’est formé. Ces gisements, de la taille, approximativement, d’un stade de football, sont blancs et donc nettement visibles sur les photos prises par Mars Reconnaissance Orbiter.










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